Jeudi 23 décembre 2010 4 23 /12 /Déc /2010 18:28

 

http://www.come4news.com/images/stories/Divers/australie_ayers_rock.jpgCe qui différencie les Américains des Europeéns c'est la structure géographique des exportations : 57% de celles des Etats-Unis sont tournées vers les pays émergents à forte croissance, 23% seulement vers la zone euro. Et du coté du marché du travail et de sa flexibilité. L'ajustement de l'emploi a été beaucoup plus rapide aux Etats-Unis ce qui permet d'y envisager une reprise plus soutenue. (Pierre-Antoine Delhommais l'Europe aux portes de la deuxième division Le Monde 4/5-4-2010)

 

 

Autant une immigration modérée est souhaitable, autant une émigration démesurée se révèle comme un véritable fléau. (Maurice Allais, prix Nobel d'économie, cité par un lecteur Le Monde 4/5-4-2010)

 

 

Sa découverte de l'univers carcéral marqué par une proportion de jeunes musulmans qu'il estime “largement majoritaires” l'a amené à s'interroger sur les mesures de prévention dont pourrait bénéficier cette population (Yanisse Warrach aumonier musulman cité par Stéphanie Le Bars Le Monde 4/5-4-2010)

 

 

 

Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, suivant les travaux du sociologue Eric Maurin, est

 

convaincu que la concentration des populations pauvres et immigrées dans certaines villes,

 

certains quartiers, arrange la société, en particulier les classes moyennes et favorisées, qui

 

évitent ainsi d'avoir à cohabiter – et à scolariser leurs enfants – avec des populations fragiles.

 

 

 

Mais sa bonne santé économique, l'Australie la doit aussi à elle-même. Le pays a mené depuis

 

quinze ans une politique volontariste de libéralisation et de lutte contre les distorsions de

 

concurrence. Un effort qui, selon un récent rapport de l'OCDE, a permis un formidable

 

accroissement de la productivité. En élève modèle, le pays a utilisé les surplus dégagés par ces

 

réformes pour se désendetter. Et acquérir des marges de manoeuvre budgétaires bien utiles en

 

temps de crise.

 

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : sa dette rapportée au PIB est de 15,9 %, tandis que celle de

 

 

la France atteint 84,5 % et celle de la Grèce... 113 %. (Marie de Vergès Le Monde 11/12-4-2010)

 

 

Aux Etats-Unis les revenus avant impôts des dirigeants se sont surtout mis à augmenter une fois les baisses d'impôts enclenchées par Ronald Reagan. Logique : il est plus difficile de plaider une augmentation de revenu auprès de vos administrateurs quand l'Etat vous en prend 80% (ce qui a été le cas en moyenne aux USA de 1932 à 1980). (Frédéric Lemaître Le Monde 11/12-4-2010)

 

1 milliard d'individus sont sortis de la pauvreté absolue dans les pays en développement pour rejoindre la classe moyenne grâce à la mondialisation. Personne ne peut dire que la dérégulation a été une mauvaise chose en Chine, en Indonésie, au Brésil, en Inde. La réponse à la crise n'est pas davantage de régulation (John Micklehwait, rédacteur en chef de The Economist cité par Xavier Ternisien Le Monde 18/19-4-2010)

 

L'Allemagne ? Elle n'a pas de ministre de l'industrie (tiens,tiens...) mais toute la politique du gouvernement tend, depuis des décennies à favoriser ce secteur. Schröder n'a pas hésité à devenir impopulaire (et à perdre les élections) en imposant aux Allemands des lois douloureuses favorisant la flexibilité et diminuant le coût du travail...Une note d'André Gauron décortique trente ans d'échecs des politiques dites industrielles en France. Comme les bas-salaires se concentrent dans le commerce, les services aux particuliers et la construction, pourtant peu soumis à la concurrence internationale, les exonérations de charges bénéficient à ceux qui sont protégés, Superbe ! (Frédéric Lemaître; L'avenir de la France ? La seconde division, hélas ! Le Monde 18/19-4-2010)

 

Populisme de droite ou de gauche...à droite, on joue sur la xénophobie, à gauche sur la haine des patrons...le modèle économique où la dette privée ou publique, remplaçait la hausse des salaires n'est plus viable...l'origine de la crise se trouve dans l'endettement excessif des ménages américains et européens...le reste de la société est entrainé vers les emplois de services peu qualifiés, payés 40 % de moins que les emplois industriels...qui occupera ces emplois de service ? Les plus fragiles, femmes, jeunes et enfants d'immigrés...la politique du logement doit empêcher la concentration d'immigrés, quitte à être directif. Partout où ils vivent les immigrés doivent être minoritaires. C'est la clé de leur assimilation. (Hakim El Karoui, ancienne plume de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, normalien, agrégé de géographie; Le Monde 10-11 octobre 2010)

 

...les prostituées, réduites au rang d'esclaves sexuelles pour l'immense majorité, érigées au rang de célébritées pour une poignée d'entre elles officiant dans les maisons de luxe à la fin du XIXe siècle et la première moitié du XX e, qu'il s'agisse du grandiose Chabanais, du Sphinx et du One-Two-Two...” (Sacha Méry à propos du Roman des maisons closes de Nicolas Charbonneau et Laurent Guimier; Le Monde 10-11 octobre 2010)

 

“Le système d'assurance-vieillesse de base couvrait 235 millions de Chinois en 2009. Introduit en 1997, il associe en principe les retraites par répartition, destinées à financer les pensions des anciens salariés des entreprises étatiques, et par capitalisation, à hauteur de 11% du salaire, pour les travailleurs de la nouvelle économie. Le poids des pensions des anciens salariés de la période socialiste en fait en réalité un système par répartition, déficitaire de 140 milliards d'euros par an et ne parvenant à couvrir les retraites des ruraux et des travailleurs du secteur informel, qui doivent s'en remettre à leurs familles.” (Harold Thibault; Le Monde 17-18 octobre 2010)

 

Depuis des mois, l'administration Obama a intensifié ses efforts contre les djihadistes au Yemen. Elle mène des opérations clandestines conre leurs bases et elle a eu recours aux missiles de croisière...l'administration est en guerre, particulièrement contre l'Imam Anwar Al-Aulaqui, un citoyen américain qui vit aujourd'hui au Yemen. Il était lié au major Nidal Hassan, le psychiatre militaire auteur de la fusillade sur la base militaire américaine de Fort Hood (Texas) en novembre 2009 (13 morts, 42 blessés). Il a aussi participé à la préparation de la tentative d'attentat contre le vol Amsterdam-Detroit. “Les djihadistes américains l'écoutent. Ils sont constamment sur son site Web...” estime le représentant Peter King. Son groupe publie un magazine en anglais qui explique comment “fabriquer une bombe dans la cuisine de votre mère”. (Corine Lesnes Le monde 31/10/2010)

 

Le président Obama a lancé depuis deux ans un vaste plan de réforme visant à remettre sur pied un enseignement secondaire médiocre, pourvoyeur d'une ségrégation raciale et sociale tragique : la moitié des élèves issus des minorités quittent le collègue ou le lycée avant la fin de leurs études secondaires contre un sur trois dans le reste de la population. Plus grave encore pour une nation soucieuse de son palmarès international, les classements du programme d'évaluation international PISA relèguent les Etats-Unis au fond de la classe en mathématiques et en sciences. Le président soutient la théorie du “libre choix” et les écoles dérégulées dites “charter schools” (financées publiquement mais hors sectorisation, sans syndicat ni contraintes administratives) tandis qu'elles apparaissent aux yeux des associations comme contraires à l'idée d'une école publique juste (ils accusent ces établissements de refuser les élèves les plus pauvres ou handicapés afin de ne pas prendre le risque de voir leurs taux de réussite baisser). Un film de Davis Cuggenheim célèbre les audaces éducatives du maire démocrate de Washington, Adrian Fenty. Sa politique scolaire depuis 2008 est en effet conforme au nouvel esprit du temps (dérégulation des écoles, “mauvais” professeurs et principaux renvoyés par centaines, écoles fermées par dizaines, institution de la paye au mérite des enseignants...), ce qui valut à celle qui fut sa superintendante controversée, Michelle Rhee, une notoriété nationale.” (Sylvie Laurent, Le Monde 07/11/2010)

 

La Fed va imprimer des centaines de milliards de dollars pour acheter des obligations que le Trésor américain émet pour rembourser ses anciens emprunts.” (Pierre-antoine delhommais; Le Monde 07/11/2010).

 

L'ex-ministre de la ville de 2002 à 2004, Jean-louis borloo, a profondément marqué les acteurs de la banlieue par son volontarisme : un plan de 20 milliards d'euros, passé à 30 milliards après les émeutes de l'automne 2005, et qui devrait finalement représenter 40 milliards d'euros de dépenses publiques, d'ici à 2013, pour “casser les ghettos”. Fin 2009 près de 94 000 logements sur les 293 000 programmés avaient déjà été réhabilités. Environ 58 000 logements avaient été démolis (sur 130 000 prévus d'ici à 2013), un peu plus de 28 000 reconstruits. Sans compter les investissements importants réalisés pour refaire les espaces publics et des bâtiments collectifs, dont les écoles. Mais la mixité sociale ne progresse pas. Il n'y a pas eu d'investissements sur la dimension sociale de la crise des banlieues. Le bilan de la réduction des inégalités économiques et sociales reste médiocre. Sur le plan de l'emploi, de l'éducation, de la santé, les quartiers sensibles n'ont pas rattrapé le retard accumulé. Pire en ce qui concerne la pauvreté, la situation des zones urbaines sensibles a eu tendance à s'aggraver – avant même que soit mesuré l'effet de la crise économique de ces deux dernières années.” (Luc bronner; Le Monde 07/11/2010).”

 

Un jeune sur quatre en France est issu de la diversité” (France culture, 16/11/2010)

 

Le nombre de pays très pauvres a doublé en quarante ans” (Le monde 26/11/2010)

 

En 1975, 91% des contrats de travail étaient des CDI. En 2009, ce taux était tombé à 77%. La France compte 29 millions d'actifs, 2,6 millions de chômeurs. Le salaire moyen net est de 1800 €, mais 2 millions de travailleurs ont un revenu inférieur à 908 € nets par mois et par foyer. Il y a quarante ans, 70% de 50 ans et plus travaillaient. En 2010 ils ne sont plus que 38%” (Le monde 28/11/2010)

 

Malgré une augmentation de l'épargne, les dépenses des consommateurs continuent à représenter quelque 70% de l'économie américaine” (Le monde Corinne Lesnes 28/11/2010)

 

Le taux de détention internationale particulièrement élevé de la dette publique française (plus de 70%) était hier considéré comme un formidable atout : les déficits publics étaient financés sans ponctionner l'épargne des ménages” (Le monde Pierre-antoine Delhommais 28/11/2010)

 

Mais le regroupement familial n'aurait pas grevé les systèmes sociaux et n'aurait pas conduit à des sociétés parallèles s'il avait été accompagné d'exigences d'intégration claires – obligation de suivre des cours de langue, application stricte du principe de l'école obligatoire, familiarisation avec la seule “culture générale” véritablement digne d'être défendue : la Constitution” (Le monde Der spiegel Peter Schneider 28/11/2010)

 

Tous ces pays, ceux-là et bien d'autres, vivent au-dessus de leurs moyens et devront ramener leur niveau de vie au niveau de leur production afin de satisfaire les investisseurs dont ils ne peuvent se passer. Marchés financiers ou pas, c'est le lot commun de tout surendetté...Si l'on prend les deux crises financières qui se conjuguent, celle des finances publiques et celle des finances privées, il est vrai que les peuples furent largement complices et profiteurs de la première. Ils ont poussé à la dépense publique, ont bénéficié d'avantages sociaux non financés, il leur faut maintenant rembourser. C'est le langage qu'il faudrait tenir aux Français si la classe politique en avait le courage. Mais cela ne tient pas face au désastre de la finance privée qui a précipité la catastrophe. Tout est parti d'un réseau de trafiquants qui, sous les masques respectables du banquier et de la finance, a lancé la plus vaste entreprise de fausse monnaie et de jeux clandestins de l'histoire. Car les créances non recouvrables, subprimes ou autres, ne sont pas autre chose que de la fausse monnaie et leur dissimulation dans les créances saines, la "titrisation", que des manœuvres frauduleuses visant à faire passer pour bonne des coupures contrefaites et les opérations d'arbitrages qu'un casino parasite déconnecté de l'économie réelle. (Francois de Closets Le monde 01/12/2010)

 

En France sur 2 euros de PIB, un euro est redistribué (France culture ?).

 

Tous les gouvernements du monde le savent, le moyen le plus efficace (...) pour défendre l'intérêt national [n'est pas nécessairement] le moyen le plus joli (Extrait d'un télégramme du département d'Etat révèlé par Wikileaks Philippe Bernard Le monde 05/12/2010)

 

Jusqu'ici, pour cultiver, on brûlait une zone de forêt, on déblayait, on semait à l'aide d'un baton pointu, et après deux récoltes, on devait aller brûler une autre zone, la terre étant devenue trop pauvre (Indien maya de Tabi cité par Grégoire allix Le monde 05/12/2010)

 

Les plus nantis détiennent tellement de richesse par rapport à la classe moyenne, qui assure 98% des dépenses de consommation, que cela devient dangereux. Près de 93% de tous les avoirs financiers – fonds de pension, actions – sont détenus par les 20% les plus riches, Cela veut dire que 80% des gens n'ont pas de matelas financier. Souvent ils n'ont que leur maison qui a perdu 30% de sa valeur. A long terme, cette concentration de la richesse augmente le besoin d'Etat providence (Robert Shapiro, sous-secrétaire au commerce dans l'administration Clinton, Le monde 12/12/2010)

 

Lors de notre marathon de courses, c'est un peu comme si nous avions assité en direct à l'envol de nos euros vers les coffres-forts, déjà bien remplis, de la banque centrale de Chine (2 700 milliards de dollars)...le vertige a commencé à nous saisir en comprenant que ces euros (...) allaient, pour partie, revenir en France. Ils y serviront à acheter des obligations (...), c'est-à-dire à financer nos déficits, rémunérer nos infirmières et nos instituteurs et...payer nos cadeaux de Noël (...) notre générosité contribuait directement à consolider “ la-dictature-internationale-des-marchés-financiers ” et à renforcer le pouvoir sadique de nos créanciers...nous dépensons encore beaucoup, nous dépensons trop, individuellement et collectivement, par rapport à ce que nous produisons comme richesses. La société de consommation apparait à la fin du XIXè siècle, quand les hommes commencent à utiliser leurs revenus à une autre fin qu'assurer leur propre survie. C'est d'abord une victoire sur l'estomac vide, un pied de nez à la faim...les “ trente glorieuses ” furent d'abord et avant tout les “ trente dépensières ”, avec le boom de la consommation de masse...Peut-être, avec la crise, venons-nous d'entrer, en Occident, dans les “ trente économes ”, les “ trente raisonnables ” ? (Pierre-antoine delhommais Le monde 19/12/2010)

Par coltrane
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Samedi 18 décembre 2010 6 18 /12 /Déc /2010 18:32

http://medias.fluctuat.net/films-posters/3/5/3533/tandem/affiche-1-medium.jpgJe ne suis pas forcément un fan de Patrice Leconte.

Il a quand même signé Les bronzés font du ski avec l'équipe du splendide (1979) qui sans atteindre au génie comique du Père noël est une ordure réalisé en 1982 par Jean-marie poiré (au fait, normalement il repasse à la télé tous les ans à cette époque) était tout de même assez réjouissant.

 

Je sais, il a aussi réalisé Les bronzés mais je me souviens mal de ce film.

 

Éclectique il réalisera plus tard, en 1996, un film en costumes "raffiné", Ridicule (Berling, Rochefort, Ardant) après avoir versé dans le film d'aventures et d'action avec Les spécialistes (Lanvin, Giraudeau).

 

D'après allociné il réalise en 1989 un film d'auteur Monsieur Hire (Michel blanc), tiré, je crois, de Simenon.

A mon sens Tandem (1987) mérite davantage ce quallificatif. On retrouve dans ce film quelque chose de l'humour des Bronzés mais il a quelque chose en plus.

 

Un présentateur de la radio (Mortez-Jean rochefort) parcourt les routes de la France profonde et présente chaque jour son émission (un quiz) dans une ville différente. Il est accompagné d’un technicien (Rivetot-Gérard jugnot) qui s’occupe de la mise en ondes et tient la comptabilité du « couple ».

 

Comme Mortez est joueur et tape dans la caisse, ils sont obligés de descendre dans des hôtels bon marché et de partager la même chambre.

Chaque jour Mortez téléphone à sa "fiancée" restée à Paris et lui tient des discours enflammés. Un soir il s'écroule pendant qu'il est au téléphone et Rivetot se rend compte qu'en fait il appelle...l'horloge parlante ! 

 

Sa mauvaise santé apparente (il fait sans arrêt des malaises, vomit et saigne tout le temps du nez, tient le choc grâce à des piqures) font craindre et espérer à la fois qu'il meure un jour sur "scène".

 

Un "beau" jour la radio décide d’interrompre l’émission après 25 années de diffusion. Rivetot fait tout pour que les courriers et les appels de la direction ne parviennent pas jusqu’à son patron...


Tandem annonce la couleur dès l’affiche du film : on y voit, en plan moyen, un homme de dos (Gérard jugnot) penché sous un capot ouvert et une paire de jambes (celles de Jean rochefort) dépassant par la vitre ouverte de la portière. On n'aperçoit les visages ni de l'un ni de l'autre. Un parti pris assez radical, tempéré par l’humour.

 

Car c’est bien d'une comédie qu'il s'agit mais d'un genre plutôt noire. Sans doute le plus beau rôle de Jean Rochefort et l’un des meilleurs de Gérard Jugnot. A bien y songer on est pas si loin non plus de l’humour un peu désespéré d’Yves Robert dans Un éléphant ça trompe énormément et sa suite…On peut même penser que l’influence de journaux satiriques comme Hara kiri se fait sentir.

 

L’histoire s’inspire fortement du plus ancien jeu radiophonique, le jeu des mille francs (devenu ici La langue au chat) diffusé sur France-inter de 1958 à 1995 (après il y aura d'autres animateurs) et de son présentateur Lucien Jeunesse (à partir de 1965). En plus de nombreux disques de chanson et de sa participation à des opérettes, il a aussi prété sa célèbre voix, me semble-t-il, à un enregistrement de Pierre et le loup.

 

Mortez est un saltimbanque cabotin et vieillissant qui se teint la moustache et est un peu trop porté sur l'alccol.

 

A Paris il vit dans un grand appartement aux meubles recouverts de draps blancs et de piles de livres.

 

Au volant Rivetot a une angoisse : qu'un de ces cyclistes qui regarde passer les voitures sur les ponts balance brusquement son vélo sur la route !

 

Tandem, c'est aussi la chanson titre, un peu "ringarde", de Richard Cocciante, le grand chien rouge que Rivetot croit apercevoir au volant de leur break et qui le fait piler sec, un road movie à la française, des répliques (Il risque de se réveiller mort demain matin, Je suis un seigneur moi !, c'est des cons j'te dis ! J'te fais une petite pipe Michel ? Merci non), une photographie soignée, quelques très beaux plans "rurbains" et surtout un Jean rochefort génial dans la démesure.  

 

Le scénario brocarde les français moyens, la petite bourgeoisie et les notables de province.

Une superbe séquence vers la fin du film montre Mortez qui a "craqué", au milieu des mouettes, parlant tout seul à des candidats imaginaires.

 

Après la fin de l'émission, loin d'être fini, Mortez rebondit et continue de vadrouiller sur les routes de France, de quinzaines commerciales et de promotions de magasins en animations publicitaires.

 

Il propose à Rivetot, désormais au chomage et rencontré par hasard dans un magasin où il se produit, de reprendre la route avec lui au volant de sa mercedes toute neuve...

Par coltrane - Publié dans : Cinéma & DVD - Communauté : Webzine cinéma
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Lundi 13 décembre 2010 1 13 /12 /Déc /2010 20:11

http://yspaddaden.files.wordpress.com/2010/03/6.jpgExit le thriller, genre souvent décevant, et retour au polar avec Le loup dans la bergerie de Gunar staalesen, un auteur norvégien adoubé par Moisson Noir (voir Liens). 

 

Le polar nordique est à la mode depuis l’énorme succès de Millenium mais le phénomène n'est pas véritablement nouveau : de 1965 à 1975 Per Whaloo et Maj Sojval (et leur personnage Martin  Beck; ils sont suédois et leurs livres ont été publiés dans la collection 10/18 de 85 à 87) cartonnaient aussi, quoique de manière peut-être moins massive.

 

Ces auteurs, et d'autres avec eux, égratignaient à travers leurs polars le fameux "modèle scandinave" qui avait su concilier, idéalement, capitalisme et politiques sociales.

 

Gunar Staalesen appartient à la même génération : Le loup dans la bergerie a été publié en 1977, il y a donc 33 ans.

 

La lecture de la première page, presque biblique, m’avait donné une furieuse envie d’en lire davantage : " Au commencement était le bureau et au bureau il y avait moi. Les pieds sur la table (...) A gauche il y avait une pile de factures. A droite il y avait ce que je possédais en argent liquide : dix couronnes et trente ore... "

 

Aucun doute on était dans la filiation directe de Raymond Chandler (pour moi un must absolu) avec cette « ouverture » classique où l’on découvre le détective désœuvré dans son bureau minable, attendant un hypothétique client. GS n’était pas le premier à suivre cette voie prometteuse et ça n’a pas été le dernier.


Une fois entamée pour de bon la lecture l’enthousiasme est un peu douché : cela a le goût et la couleur de l’original mais n’est-ce pas qu’un ersatz ?

 

Une fois de plus il aura fallu que j'arrive à la moitié du livre pour enfin trouver un véritable intérêt à ce que je lisais.

 

Pourtant tout était déjà en place, dès le début, à commencer par un style impeccablement chandlerien, acclimaté à la Norvège de l'époque.

Mais l'histoire ne me paraissait pas palpitante et je n'accrochais pas. En fait il a fallu que j'attende de pouvoir en lire plus que quelques pages d'affilée, dans le bus, le métro ou juste avant de m'endormir, et que je me munisse de mon outil favori, un critérium, alors j'ai enfin pu rentré dans le livre.

 

Une écriture aussi parfaite ne pouvait pas être simplement l'instrument d'un simple exercice de style. Et effectivement il y a quelque chose derrière les mots : de la matière humaine, trop humaine.

 

L'auteur situe son récit non à Oslo mais à Bergen au bord de la mer du nord. Il est d'ailleurs beaucoup plus question dans le livre de Copenhague, au Danemark, que de la capitale norvégienne. 

 

Ce matin là Veum (c'est le nom du détective privé imaginé par l'auteur) a de la chance : il reçoit un appel du célèbre avocat William Moberg qui, surprise, veut l'engager.

 

La couleur des cheveux de sa secrétaire "faisait penser aux neiges du Kilimandjaro". Elle sera la femme fatale de l'histoire mais c'est plus tard que l'on s'en rendra compte.

 

La table de travail de son patron est "si grande que l'on aurait pu y jouer au tennis". Mais il refuse le job, trop répugnant à son goût, question de principes : "Ce qu'un homme ou une femme mariée font de leur temps libre, à mon sens c'est leur affaire (...) dans la plupart des histoires d'infidélité, la faute est plutôt du côté de celui qui est trompé...".

 

Quelques jours plus tard un nouveau client se présente à son bureau. Il déclare être le frère de Margrete qui est justement (il l'a reconnait d'après une photo)...la femme de Moberg.

 

Veum empoche les cinq billets correspondant aux honoraires minimum et annonce à son nouveau client que l'affaire est résolue : sa soeur, qui a quitté depuis longtemps le giron familial sans plus donner de nouvelles, n'est autre que...voir plus haut. Mais celui qui se présente comme son frère souhaite tout de même que Veum la suive quelques jours avant de renouer le contact et de l'informer que leur père se meure.

 

Veum accepte sans savoir, même s'il aurait du s'en douter, que les ennuis ne vont pas tarder à lui tomber dessus.

 

Sous la forme entre autres du puissant, au physique comme au moral, commissaire Dankart Muss qui bien sûr n'aime pas tellement les fouineurs dans son genre.

 

Il faut dire que Margrete a été retrouvée morte, étranglée, peu de temps après que Veum soit rentré chez lui après avoir filer la dame toute la journée. C'est le premier cadavre et si on ne peut pas véritablement dire que les cadavres vont pleuvoir, il y en aura quand même, plus tard, un second, masculin celui-là, il faut bien respecter la parité ! 

 

Ces filatures l'ont conduit sur la piste d'une certaine Rigmor. Elle travaille dans un atelier de photographie et son patron est propriétaire de l'immeuble où Margrete s'est rendu à un mystérieux rendez-vous : "Si Rigmor travaillait normalement, elle finissait probablement à 15 ou 16 heures." Pourquoi cette citation à priori sans intérêt ?

Depuis quelques temps, on l'a peut-être remarqué, je m'intéresse à la durée de la journée de travail, à partir de l'idée que, contrairement à l'opinion généralement admise, la journée de travail est en France exceptionnellement longue.

En voilà encore une preuve même si bien sûr on ne sait pas à quelle heure Rigmor a commencé sa journée...disons que c'est un indice...

 

Rigmor rentre chez elle mais ressort pour se rendre dans un immeuble à la porte verte dans lequel Veum découvrira que beaucoup d'hommes pressés et discrets, séjournent pour une heure ou deux. Au rez-de-chaussée, une agence de baby-sitters qui pratique des prix prohibitifs.

 

On découvre plus tard que dans cette maison de rendez-vous se pratique aussi le traffic de drogue.

 

Parfois il arrrive que même les détectives s'arrêtent dans une cafétaria pour manger un morceau :" On m'y servit une portion de pain de poisson qui avait un goût de carton en sauce".

 

Dans un snack, poste d'observation idéal devant la porte verte, le détective pose un regard d'ancien éducateur sur la jeunesse norvégienne des années 70 : " Quatre filles, voûtées, d'une quinzaine d'années, y étaient installées. Toutes portaient des jeans, des anoraks, et des pulls à cols roulés. Toutes mâchaient du chewing-gum, la bouche en biais. Rien ne les différenciaient sinon la couleur de leurs cheveux et la taille de leurs poitrines. Elles levèrent les yeux à mon entrée mais leur intérêt s'évanouit avant que j'aie fermé la porte : j'avais plus de trente ans."  

 

L'une d'elle franchira bientôt elle aussi la porte verte. Quant à la serveuse, " Sa coupe de cheveux évoquait une foumilière abandonnée". " Une giclée de ketchup de la taille d'une mare de sang moyenne vint tenir compagnie aux frites, tandis que la femme les saupoudrait de sel comme si c'était de l'eau bénite. "

 

Inévitablement au cours de son enquête le détective finit toujours par tomber sur un gros bras, celui-là, ancien boxeur, semble être le gardien des lieux, juste derrière la porte verte : "[il] n'était pas tout à fait aussi large qu'un rouleau compresseur...La musculature de ses cuisses aurait pu supporter un éléphant...Ses cheveux coupés court avaient la couleur des vieilles crottes de souris...Je vis distinctement l'émergence d'une pensée sur son visage. Ce n'était pas une belle pensée". 

 

Gunar a vraiment le don de la description pleine de gaité : "La moquette était couleur rouille, comme si quelqu'un avait saigné, longtemps et abondamment".

Il campe un personnnage en quelques mots comme personne :"Elle mâchouillait quelque chose de rose et posa sur moi un regard de poisson crevé".

 

Encore une notation sociologique : "C'était l'une de ces zones résidentielles taillées sur mesure pour universitaires, dentistes et professions libérales au petit pied."

 

Il se fait poète à l'occasion : "Son visage était pâle et maigre, ses yeux écartés et transparents, comme si elle avait grandi dans des marais. "

 

Le moment vient où classiquement le détective se fait estourbir : " J'ouvris la porte du couloir et quittai la chambre. Je perçus trop tard le mouvement à droite de la porte. Avant que je n'aie eu le temps de me retourner, le plafond me dégringola sur la tête. Le sol s'ouvrit sur moi et je tombai à travers des ténèbres sans fin. "

 

Après cela il est temps de rendre les coups, mais face à Nounours Lund, l'ancien boxeur déjà rencontré plus haut la partie n'est pas gagnée d'avance : " Ma main me donnait l'impression d'avoir fait un voyage touristique dans une bétonneuse. " 

 

Malgré ce début difficile Veum parvient à assommer son adversaire, en s'aidant d'une porte il est vrai.

 

Auparavant il aura reçu ses premiers coups de la part d'une baby-sitter maniant le sac à mains de telle manière qu'elle pourrait s'engager illico dans les forces spéciales.


Plus tard il se rend chez Rigmor et fait la connaissance de sa petite fille : " [Elle] était pensivement perdue dans son monde de lait et de pain, toute concentrée sur son repas, comme les enfants peuvent l'être. "

 

Veum, ancien éducateur, croit savoir que les problèmes les plus graves " on les rencontrait surtout chez les enfants des familles où les parents ont tellement d'argent et d'ambitions à gérer qu'ils n'ont pas le temps de s'occuper de leurs enfants. " Cela me semble un peu exagéré : dans les familles pauvres aussi on trouve des parents trop pris (parce qu'ils travaillent loin de leur domicile ou ont des horaires décalés) pour avoir le temps de bien s'occuper de leurs enfants. 

       

Veum fait parfois de curieuses comparaisons : " Les morts me dépriment toujours, comme lorsqu'on ouvre une boite d'allumettes et qu'on constate qu'elle est vide. "

 

Il est cultivé : " A travers ses lunettes, ses yeux paraissaient grands et irrités, sa bouche était de travers et amère comme s'il se disposait à régurgiter le déclin de l'Empire romain. " Il s'agit du nouveau mari de son ex femme Beate, prof d'histoire, qui lui fait la leçon parce qu'il a encore fait pleurer son ex en lui demandant de revenir avec lui.

 

Il a aussi, naturellement, beaucoup de mal à communiquer avec son fils Thomas qu'il emmène au zoo.

 

Lors de l'explication finale, la femme fatale, un derringer incrusté d'argent dans la main, " était de glace, si froide qu'on aurait pu la débiter en petits morceaux et les mettre dans un drink... "

 

Un peu comme dans un roman de détection à la Agatha Christie on a donc droit, à la fin du livre, à l'exposition des conclusions auxquelles est parvenu le détective au terme de son enquête : s'il reconstitue à peu près bien le déroulé des évênements, il se trompe néanmoins lourdement sur l'identité de celle qui tire les ficelles.

Heureusement tout est bien qui finit bien : les méchants sont arrêtés, la coupable connait une fin...fatale.

 

Vient le moment de l'épilogue : " Un froid délicat avait investi la ville, comme si l'hiver avait dressé sa première table de l'année avec de la porcelaine neuve. "

 

Son enquête terminée Veum rentre chez lui : il a rendez-vous avec...une bouteille d'aquavit.

 

Je voulais terminer en citant plusieurs incipits (début d'un texte littéraire) montrant comme ici le détective désoeuvré dans son bureau.

Ayant déjà été comme à mon habitude beaucoup trop long, je me contenterais de celui-ci, tiré de Fais pas ta rosière (1950; titre original The little sister) de Raymond Chandler : "...Il y avait cinq minutes que j'épiais la mouche bleue attendant qu'elle veuille bien se poser. Mais cela ne lui disait rien. Le tue-mouches brandi, j'étais fin prêt...C'est alors que le téléphone se mit à sonner. "

 

Oh et puis aller, encore un petit pour la route, tiré cette fois de Que d'os (1976) de Manchette, notre Chandler à nous : " Le téléphone a sonné. J'ai fais un sourire d'excuse et j'ai décroché. - Cabinet Tarpon, ai-je dit cauteleusement. - C'est vous, Tarpon, oui ? Coccioli à l'appareil. Officier de police Coccioli. Vous me remettez, oui ? ".

Par coltrane - Publié dans : Polars
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Jeudi 2 décembre 2010 4 02 /12 /Déc /2010 19:33

http://www.united-red-army.com/wp-content/themes/ura-theme-2/images/gd-affiche-fr.jpgAlors que son dernier film, Le soldat-dieu, est à l'affiche, il n'est pas inutile de revenir sur l'avant dernière production de Koji Wakamatsu. 

 

Après le film d’Uli Eidel sur les Brigades Rouges (La bande à baader), celui de Bellochio sur l’enlèvement d’Aldo Moro (Buongiorno notte) et Carlos d'Olivier assayas, le réalisateur japonais poursuit la mise au jour des ressorts de la violence ultragauchiste dans les années 60 et 70.


URA s’intéresse à la branche japonaise de cette internationale terroriste et entreprend d'examiner, à froid, les conditions du développement de cette violence meurtrière.

 

FRG et FAR s’associent pour former la URA dans le contexte d’un pacte de solidarité avec les Etats-Unis mal vécu par une frange importante de la jeunesse estudiantine gauchiste.

 

Le réalisateur brosse tout d’abord le contexte économique et surtout politique du Japon depuis 1960 jusqu’au début des années 70.

 

Il le fait en mêlant scènes reconstituées (réunions de groupuscules) et images d’archives.

Ces dernières sont agrémentées d’idéogrammes explicatifs. Comme le film ne peut être vu qu’en VO sous-titré, il peut donc y avoir 2 sous-titres à la fois : le premier traduisant ce que dit le narrateur en voix off, le second traduisant les idéogrammes superposés aux images d’archives.

Heureusement, j'adore les idéogrammes et la calligraphie.

 

Le film est d'ailleurs visuellement très réussi.

 

Il n’est pas rare qu’un film commence de cette façon mais cela dure en général 5, 10 ou au maximum 15 minutes. Là nous avons droit à une demi-heure, 1 heure de ce traitement.

 

Le coté positif c’est que nous sommes effectivement bien informés de la situation dans les universités (manifestations, occupations de locaux consécutifs entre autres à une augmentation des frais d’inscription, tiens il y a là comme un écho avec l’actualité), du contexte politique mondial (guerre du vietnam, mouvements de jeunesse avec en point d’orgue mai 68 en France) et local (accords américano-japonais, bases américaines sur l’île d’Okinawa) et du contexte économique (à la fin des années 60 le japon devient la 2ème puissance économique mondiale)…

 

Toutes ces explications sont intéressantes et nécessaires mais la forme adoptée dans cette première partie rapproche le film du documentaire fiction et cela peut surprendre.

 

Une fois cette longue exposition achevée, la fiction peut reprendre ses droits et l’on suit alors un groupe de jeunes militants dans la montagne où ils suivent en secret un entraînement militaire. Ils sont issus des FRG et des FAR. Chacun a son refuge.


Entre-temps on a assisté à l’arrestation d’une nombre important de militants (« nous vous arrêtons en vertu de la loi sur les explosifs »), à l’attaque raté d’un commissariat (2 ou 3 militants armés abattus) et au cambriolage réussi d’un magasin d’armes.

 

Pendant 2 heures (le film dure trois heures) on suit pas à pas les militants dans leurs marches, leurs exercices de tir (ils font « bang ! » avec la bouche) et leur vie en collectivité.

 

C’est là que cela se gâte. Le chef des FAR qui auparavant avait déserté et la chef autoproclamée des FRG mettent de plus en plus l’accent sur la nécessité de pratiquer l’autocritique.

 

Mais cette autocritique se retourne le plus souvent contre son auteur : très vite les coups pleuvent (il faut se « durcir » pour devenir un soldat de la révolution) puis suivent les stations prolongées attachés à l’extérieur.

 

Il y a des morts. Une militante doit se frapper elle-même : son visage boursouflé par les coups fait peine à voir. Il y aura au moins 6 morts, certains parmi les plus vieux militants des 2 organisations. Rien ne nous est épargné.

 

Koji Wakamatsu est une sorte de revenant. Il était déjà producteur exécutif sur l'Empire des sens en 1976. Il a signé des films aux titres révélateurs tels que Sex-jack ou Femme cruellement torturée qui s'inscrivent dans une tradition du cinéma nippon mèlant allègrement torture et érotisme : le pinku eiga.

 

Ancien yakusa, Wakamatsu développe un sens critique et social qu'il n'hésite pas à appliquer à ceux qui pronaient la révolte la plus radicale alors même qu'un développement économique fulgurant permettait aux plus déshérités d'espérer sortir de leur condition. C'est ainsi que les Trente Glorieuses ont paradoxalement vu naître, au Japon comme en Occident, des mouvements de jeunesse dont certains membres sont rapidement partis à la dérive.

 

Le soldat-dieu, que je n'ai pas encore vu, s'en prend lui à l'idélogie militariste qui a conduit le Japon à vouloir dominer l'Asie, dès avant la deuxième guerre mondiale pour ensuite attaquer la flotte américaine à Pearl Harbor, à travers le personnage d'un soldat violeur rentré en héros dans son village, défiguré et amputé des bras et des jambes !

 

 

     

 


 


Par coltrane - Publié dans : Cinéma & DVD - Communauté : Webzine cinéma
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Dimanche 28 novembre 2010 7 28 /11 /Nov /2010 17:55

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/3/0/7/9782707158703.jpgSous-titré "l'émergence des hiérarchies culturelles aux états-unis", cet ouvrage date de 1988 mais vient tout juste d'être traduit en français. Je l'avais déjà évoqué ici après avoir lu un article saluant sa parution.

 

Dans son introduction Roger Chartier rappelle que l'auteur a d'abord suscité l'intérêt à travers la publication de Black culture and black consciousness...en 1977, consacré à "l'histoire de l'expression vernaculaire afro-américaine", étudiée avec les outils de l'anthropologie mais aussi l'attention formaliste préalablement réservée aux "oeuvres d'art canoniques".

 

Son matériau, des transcriptions écrites de "paroles vives, improvisées ou récitées" ne pouvait être totalement exempt de distorsion ou d'incompréhension mais cependant Levine découvrit dans ce vaste répertoire de textes racontés et chantés, l'expression de valeurs communautaires partagées et de sentiments personnels, pendant et après l'esclavage, qui malgré sa domination et sa sujétion n'avait pu "totalement détruire les solidarités, les résistances et les espoirs".

 

Sa démarche diffère de celle du musicologue Paul Oliver (Le monde du blues, 1962) qui lui proposait surtout une (brillante) histoire du Blues...et à travers lui, une histoire du peuple noir.

 

Dans les années 80, Levine s'intéresse à ce qu'il appelle la "culture publique partagée", dominante en Amérique selon lui jusqu'à la première moitié du XIXème siècle. C'est le constat de l'omniprésence de Shakespeare dans la culture populaire de l'époque qui le conduit à s'interroger sur "sa confiscation par la culture lettrée", au fil du temps.

 

Cette transformation (confiscation) ne s'opère pas sans résistances, comme le montre l'émeute de l'Astor Place de NY, en mai 1949, qui fit 22 morts et plus de 149 blessés ! Les artisans et ouvriers partisans de l'acteur américain Edwin Forrest déchaînèrent leur violence contre l'aristocratique William Charles Macready, un acteur anglais adepte d'une manière de jouer plus cérébrale et moins spectaculaire...

 

Selon Chartier Levine met en évidence "une double évolution (qui)  conduit (...) d'une part (à) un processus de retrait des élites, qui assigne aux pratiques culturelles une valeur distinctive d'autant plus forte qu'elles sont moins communes; d'autre part, un processus de disqualification et d'exclusion, qui rejette hors du répertoire canonique de la "culture" des oeuvres, des objets et des pratiques désormais tenus pour vulgaires...".

 

Sur les 2 rives de l'Atlantique, la relation semble forte et identique, à partir du second XIXè siècle, entre, d'une part, la revendication d'une culture pure, ou purifiée, mise à distance des goûts vulgaires, soustraite au marché et portée par la complicité existant entre les créateurs et leur public, et, d'autre part, les conquêtes d'une culture commerciale, dominée par l'entreprise capitaliste et adressée au plus large public possible.

 

Roger Chartier remarque que Levine est fort parcimonieux dans ses références intellectuelles explicites, peut-être lassé par les déferlements (dans les années 70/80) de la French Theory, sûrement inquiet de voir la théorie devenir un sujet d'étude à part entière, persuadé que le traitement des matériaux empiriques contient en lui-même les hypothèses et les catégories d'une véritable conceptualisation.

 

Nul mention par exemple chez Levine, note Chartier, de La Distinction de Bourdieu, publié en anglais en 1984, très proche par son sujet.

Pour avoir ce livre dans ma bibliothèque, et m'y être attaqué plusieurs fois, je peux témoigner ici que, malgré l'intérêt évident des thèses défendues par l'auteur, adepte de l'enquête de terrain, son ouvrage est aujourd'hui illisible. Comme d'ailleurs ceux de nombre ses pairs, écrits dans un jargon, un sabir, qui pour le coup vous exclut d'emblée !  

 

Levine, lui, est toujours parfaitement clair, dans sa pensée comme dans son expression, même si bien sûr la lecture réclame naturellement un minimum de concentration. Mais on peut très bien lire Culture d'en haut, culture d'en bas...dans le métro ou le bus ! 

 

Levine met en évidence que "les hiérarchies culturelles (...) sont les produits d'une époque et non pas des classements que l'on pourrait tenir pour universels".

 

Par ailleurs, la croyance en une Amérique culurellement anglaise, ignore que dans la première moitié du XIXè un Américain sur 5 était noir...

 

Shakespeare

 

C'est l'omniprésence du théâtre de Shakespeare dans l'humour des minstrels (spectacles à base de musique, de chants et de sketchs, nés vers 1820 dans lesquels des blancs jouent des noirs) qui a poussé Levine à entreprendre sa recherche. Cette présence du grand dramaturge anglais dans ces spectacles impliquait en effet qu'il fut déjà connu du public... 

 

Mais pour être capable de percevoir comment Shakespeare était perçu alors il faut d'abord se débarasser de sa propre identité culturelle...et de ses préjugés.

 

Levine découvre d'abord que le public du premier XIXè bénéficiait d'un degré de choix et d'une liberté d'agir (et de réagir) qui faisait d'eux des participants autant que des spectateurs.

 

Les théâtres de l'époque de Shakespeare étaient fréquentés par toutes sortes de gens, jeunes et vieux, riches et pauvres, maîtres et domestiques, papistes et puritains, sages, hommes d'Eglise et d'Etat... 

 

Il en est de même en Amérique deux siècles plus tard...A l'époque "l'oeuf comme instrument de critique théâtrale entre dans les usages...". Ce qui n'est pas du goût de tous les acteurs...

 

Une autre chose rapprochent les deux mondes : l'art de la rhétorique. Les américains qui avaient un appétit apparemment insatiable pour la langue parlée (débats politiques, sermons, etc) étaient transportés par l'éloquence de Shakespeare. 

 

On tire des morales de ses pièces : John Quincy Adams, pourtant anti-esclavagiste, conclut après avoir vu Othello que : " le mariage des sangs noirs et blanc est une violation de la loi naturelle".

 

Ses pièces parlent de toute façon à une nation qui place l'individu au centre de l'univers et on tient même Shakespeare pour responsable du star-system qui prévalut au 19è dans la mesure où ses tragédies contiennent presque toutes un grand personnage autour duquel tourne l'intérêt de la pièce...

 

Mais le mode oratoire qui explique son succès ne va pas survivre au 20è siècle. Les américains ne tolèrent alors plus les discours tels que ceux du débat (autour de la limitation de la vente des terres fédérales dans l'Ouest...) entre Webster et Hayne en 1830 qui avait duré...plusieurs jours !

 

Cette désaffection s'explique aussi à vrai dire par la croissance de la capacité à lire et à écrire.

 

Reuel Denney évoque lui la "déverbalisation du forum" qui désigne l'usage d'un langage journalistique et publicitaire de plus en plus simplifié et le développement dans l'espace public de modes de communication non verbaux, fondés sur l'image et le son...

 

Au début du 19è le théâtre était donc un microcosme : il accueillait à la fois l'éventail entier de la population et la gamme complète des divertissements, allant de la tragédie (Shakespeare) à la farce, du jonglage au ballet, de l'opéra aux chants de minstrels, sans aucune hiérarchie.

 

La période est aussi marquée par une forme d'exubérance égalitaire qui pouvait aller jusqu'à l'agressivité.

 

Les spectateurs modestes réagissent alors de manière épidermique à tout comportement jugé condescendant, aristocratique ou non patriotique.

 

Une représentation d'Henri V en 1808 s'acheva en émeute parce qu'une réplique fut interprétée comme de la propagande en faveur de l'Angleterre aristocratique contre la France révolutionnaire !

 

En 1879 un employé de mercerie furieux des modifications que l'acteur Edwin Booth introduisait dans le texte de Richard II, arma son pistolet et tira deux coups de feu sur lui !

 

Alors même que plus tôt dans le siècle Shakespeare devenait populaire à travers des adaptations "américanisées" de ces pièces et non des originaux...

 

Vers la fin du siècle se répand l'idée que ses pièces sont l'oeuvre d'un autre écrivain : en effet comment un homme d'une condition aussi basse aurait-il pu avoir atteint les sommets de son théâtre ?

 

Le processus de "sacralisation" de la culture est alors déjà à l'oeuvre.

 

Au 20è siècle le processus parallèle de séparation entre divertissements populaires et scène "légitime" sera mené à terme.

 

L'opéra

 

L'opéra sera confronté au même phénomène : "(en 1851) tout le monde y va, les gens de la haute et les snobs, Cinquième avenue et Chatal street, assis côte à côte sur des bancs durs."

 

Au début de ce siècle il est courant que les compagnies d'opéra insèrent des airs populaires de l'époque en supplément ou en complément de certains arias.

 

Cela n'empêche pas de vives réactions du public lorsqu'une troupe italienne en visite décide de couper la dernière scène de Sémiramide (Rossini) : tout ce qui se trouve à portée de mains est démoli, les chaises et les cannes volent !

 

Dans le même temps il est clair que l'opéra n'ést pas alors enfermé dans un cadre à respecter à la lettre, ce qui permet de mettre l'accent sur la violence ou le spectaculaire.

 

La préférence pour l'opéra anglais par rapport à l'opéra en langue étrangère est avant tout une question de compréhension.

 

Les versions anglaises d'opéras italiens sont plus que de simples traductions : il s'agit de véritables adaptations, conformes à l'ethos qui avait cours en Europe comme en Amérique dans la première moitié du siècle, qui ne considérait pas les opéras (mais aussi d'autres formes) comme des oeuvres d'art achevées et inaltérables.

 

Ceux qui jouaient dans leurs salons se sentaient tout aussi libres de griffonner leurs propres modifications sur la musique de Mozart ou de Verdi.

 

"La musique d'opéra, indique vers 1850 Nathanial Parker Willis le rédacteur en chef du New York Home Journal, est (...) devenue un plaisir populaire (...) Cela souligne le fait que nous vivons dans un pays qui porte l'égalité tant dans sa forme et son essence que dans son nom".

 

En 1900, Henderson dans le Times, insiste lui sur le fait que "représenter des extraits plutôt que l'opéra en entier, c'est avilir l'intégrité même de l'opéra comme forme d'art".

 

Au 19è siècle les bands (voués à la musique populaire, marches, polkas, chansons...) et les orchestres partageaient leurs musiciens. Les mélanges entre les deux genres étaient largement répandus et bien acceptés.

 

Dans les années 1860 lors d'un concert à Boston le public a droit à un duo harmonium grand orgue, une combinaison "encore jamais tentée dans l'histoire de la musique".

 

Les grands artistes européens les plus populaires de la première moitié du siècle savaient mêler en tournée des chansons populaires américaines mais aussi de leurs pays, à des airs d'opéra ou des soli classiques.

 

Les concerts géants du chef d'orchestre français Louis Antoine Julien réunissaient en 1853 et 1854 ses propres musiciens et des musiciens américains formant des ensembles de 100 personnes et incluaient dans un programme consacré notamment à Beethoven des danses populaires, des valses ou des quadrilles.   

 

Plus tard les riches mécènes des grands orchestres mèneront la lutte pour établir des normes esthétiques et séparer le véritable art et la pure vulgarité.

 

Les forces pressions financières poussent les chefs à se lancer eux aussi dans la lutte pour la pureté artistique et à éliminer par exemple les valses de leurs programmes.

 

En l'absence aux Etats-Unis d'une royauté paternaliste ou d'un gouvernement paternaliste pour soutenir la culture, la source alternative du capitalisme paternaliste fût recherchée comme moyen de financement mais aussi comme modèle d'organisation.

 

La sacralisation progressive de l'oeuvre d'art remet en question la pratique traditionnelle qui consistait à mélanger les genres et à présenter au public un cocktail éclectique.

 

A l'orée du 20ème siècle le sentiment qu'avaient jusqu'alors les imprésarios et les interprètes que la musique leur appartenait, disparaît.

 

L'aspiration à un art élevé précipita le déclin de la musique de salon à la fin du 19è siècle. 

 

Les musées et les bibliothèques

 

Les musées américains ont connu également un type de développement familier, allant du général et de l'éclectique à l'exclusif et au spécifique. 

 

Dans la première moitié du 19è "les peintures et les sculptures étaient placées à côté des momies, des os de mastodonte et des animaux empaillés".

 

Alors que des artistes professionnels publiaient des manuels de dessin afin d'éduquer la populace (...) pour étendre la démocratie du domaine politique au monde de l'art, pour démystifier l'art et créer une démocratie d'artistes citoyens, au cours des dernières décennies du siècle la croisade est terminée : "il me semble, affirme l'artiste William Hunt dans les années 70, que cela (le dessin) recquiert plus de talent que n'importe quoi au monde".

 

Les musées ne doivent plus être éducatifs mais doivent d'abord développer la science pour atteindre "une civilisation plus avancée". 

 

Disséminer le savoir au sein de la nation devient une tâche inférieure.

 

Les créateurs du célèbre Metropolitan Museum of Art déclarent qu'il serait fou de dépendre des gouvernements, qu'ils soient municipaux ou nationaux pour un financement judicieux ou pour le contrôle d'une telle institution."

 

De même le débat fait rage concernant le rôle des bibliothèques : existaient-elles pour diffuser le savoir ou pour conserver le savoir ?

 

Art et photographie

 

Le processus de sacralisation pouvait contribuer à détrôner la culture comme à l'élever. De 1840 à 1900 la chromolithographie (qui permet de reproduire à des millions d'exemplaires des tableaux sous formes de lithographies) était l'une des formes d'art les plus familières dans le pays. Elle était saluée comme un moyen de rendre l'art "accessible à toutes les classes de la société".

 

Dans les années 1890 le terme "chromo" était devenu synonyme de "laid".

 

La photographie représente vite une menace bien plus sérieuse : l'appareil photographique pouvait donner à un large spectre de personnes un véritable moyen de création artistique.

 

Charles Baudelaire n'y croit pas et tonne de rage en 1859 contre "la société immonde qui se rua, comme un seul Narcisse, pour contempler sa triviale image sur le métal".

 

Les arbitres de la culture s'attachent surtout alors à établir les modes appropriés de réception de la culture.

 

"On ne voit plus dans les galeries de tableaux de personnes qui se mouchent dans leurs doigts, ni de chiens amenés dans le musée ouvertement ou cachés dans des paniers. Il n'y a plus de jus de tabac recraché sur le sol des galeries (...) Personne ne vient plus désormais avec des Kodak pour prendre des "instantanés" des objets et des visiteurs..." (Louis di Cesnola, directeur du MOMA).  

 

On demande à Mark Twain de laisser sa canne au vestiaire : "Laisser ma canne ! Mais alors comment voulez-vous que je transperce les peintures à l'huile ?".

 

Aujourd'hui dans les Musées nationaux, toujours à l'avant-garde lorsqu'il s'agit de "former" (formater ?) les visiteurs, on doit aussi laisser son sac à dos au vestiaire : on pourrait très bien transpercer une toile en faisant en demi-tour inaproprié !

 

Le public

 

Au fil des années le public devint  "spectateur plutôt que témoin". Les spectateurs constituaient désormais moins un "public" qu'un groupe de récepteurs. L'artiste communique et le public reçoit.

 

La relative domestication du public au tournant du siècle s'inscrit plus largement dans un processus de séparation croissante entre les sphères publiques et privées.

 

Une gamme entière d'activités intimes - manger, tousser, cracher, se mocher, se gratter, péter, uriner - ont été clairement déplacées de la sphère publique à la sphère privée.

 

La culture et l'ordre, l'ordre et la culture vont de plus en plus former une union harmonieuse et inextricable.

 

La montée paralllèle de la professionnalisation témoigne d'une spécialisation, d'une complexification et d'une atomisation accrue de la société. On le voyait dans les shémas résidentiels : les gens qui autrefois habitaient dans les mêmes espaces, bien qu'il n'eussent pas pas partagés les mêmes conditions sociales, étaient de plus en plus séparés les uns des autres, à mesure que le siècle progressait. La culture publique partagée décline : les établissements culturels filtrent de plus en plus leur clientèle et leur programme.

 

De la même manière que Shakespeare était de plus en plus décrit comme un écrivain complexe, la sophistication et la complexité de tous les aspects de la culture étaient continuellement mises en évidence.

 

Les nouvelles "machines parlantes" qui deviennent une alternative à la fréquentation des concerts et répandent "un goût pour une sorte de séquence barbare de sons dignes des barbares et la manie de la danse et des rythmes syncopés" consternent les garants du nouvel Idéal Culturel.

 

Même à gauche on pense que la Révolution qui se produira un jour devrait faire que cette musique disparaisse et que "tout le monde écoute Beethoven".

 

Dans une nation hétérogène où les classes laborieuses étaient de plus en plus composées de groupes récemment immigrés et de Noirs migrants, l'idéologie de la culture prenait des dimensions ethniques et raciales.

 

"Le pouvoir de la civilisation" était passé aux "intrépides races nordiques" et seul un petit nombre pouvait apprécier "la vraie grande musique".

 

Le ragtime, le jazz constituent "une atrocité en société et (...) ce devrait être une question d'honneur civique que de les supprimer".

 

A la même époque on opère des distinctions en fonction de la hauteur des fronts, de plus en plus haut, de l''Idiot humain", au "Bushman", de l'"Inculte" à l'homme "en progrès", du "Civilisé" à l'"Eclairé" et finalement au "Caucasien", avec le front le plus haut de tous.

 

Les nouveaux sens que prirent des mots comme "art", "esthétique" et "culture" dans la seconde moité du 19ème traduisent le sentiment que l'excellent , le noble et le beau existent à l'extérieur de la société ordinaire.

 

Les "masses" auraient pour seuls plaisirs de "manger, boire, fumer, se trouver en compagnie du sexe opposé, danser, écouter d ea musique bruyante et animée et assister à des représentations spectaculaires et des performances sportives. 

 

Walt Whitman s'est systématiquement oppoé à cette nouvelle hiérarchie culturelle et insistait sur le fait qu'il ne fallait pas "restreindre la culture en posant des conditions inacceptables pour les masses".

 

Tant que Shakespeare, l'opéra, l'art et la musique demeuraient une culture partagée, la manière dont ils étaient présentés et reçus était déterminée en partie par le marché, c'est à dire par les exigences d'un public particulier.

 

En général les frontières culturelles sont poreuses et il y a des exceptions notoires : les disques de Caruso étaient de grands succès, les oeuvres de Shakespeare étaient portées à l'écran.

Toscanini passait sur les radios commerciales et à la télévision...

 

Le populaire chef d'orchestre John Philip Sousa se plaignait du snobisme intellectuel et rappelait que "plus d'une mélodie immortelle est née dans une étable ou un champs de coton...".

 

Aujourd'hui

 

De nos jours les périmètres de la culture ont été une fois de plus modifiés, ils ont gagnés en étendue et en universalité : la notion anthropologique selon laquelle la culture inclut tous les genres et tous les modes d'expression de la vie d'un peuple est devenue familière.

 

Un artiste comme Andy Warhol "s'intéressait par dessus tout à la démystification de l'art" en adaptant par exemple les "moyens de production de la boite de soupe (voir sa toile Campbell's soup) à la manière dont sont produites les peintures, en les fabriquant en masse".

 

Depuis les années 60, l'université a commencé à s'intéresser aux divertisements populaires et de masse : films, radio, romans populaires, magazines et même aux bandes dessinées.

 

Néanmoins certains continuent à défendre "le sens éthéré et sacré de la culture" et déplorent que seule "la culture populaire ait (désormais) de l'influence sur notre scène".

 

Il conviendrait alors de se tourner une fois de plus vers la sagesse du passé et les Grands Livres Anciens. Le sentiment que la culture a été crée par quelques uns pour quelques uns persiste.

 

En définissant et redéfinissant les contours de la culture, nous n'avons pas seulement affaire à des abstractions intellectuelles ; nous avons affaire à des vies et à des esprits, nous avons affaire à des gens, et nous leur devons plus que l'orgueil de l'autodéfense ; nous leur devons pas moins que l'adoption d'une recherche ouverte et une compréhension attentive de ce que la culture a été dans le passé et peut devenir à l'avenir.

Par coltrane - Publié dans : Journal de lecture
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