Mercredi 22 octobre 2008
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Sur la façade de Beaubourg un énorme calicot annonce l'exposition Villeglé. Affilié aux nouveaux réalistes (Yves Klein, le monochrome bleu, Arman, les accumulations, Tinguely, les sculptures
animées...) c'est un affichiste, non qu'il dessine des affiches, il préfère les arracher et les lacèrer. Décolleur et "ravisseur" d'affiches, il trouve sa pitance, son matériau de
prédilection, dans la rue, sur les palissades. De petits films en noir et blanc montrent que l'exercice n'est pas toujours de tout repos. De retour à l'atelier il reste à maroufler
les affiches ou les bribes d'affiches sur la toile. Car si Villeglé, comme ses collègues Hains et Rotella, n'utilise aucun pinceau, il n'en est pas moins peintre. D'abord c'est lui
qui d'un oeil exercé repère les affiches les plus prometteuses. C'est sa main ensuite qui parfois lacère l'affiche comme un peintre griffe sa toile d'un coup de brosse. Plein d'audace il
ne se contente pas des petits formats et ne craint pas de s'attaquer à des affiches de 4m sur 6 ou d'avantage. J'aimerais bien savoir ce que la maréchaussée pensait de ces décollages sauvages
dans l'espace public. Villeglé s'intéresse également, à la suite des Lettristes, à l'alphabet. Les mots envahissent déjà ses affiches lacérés : bribes de message
publicitaire, tracts politiques, titres de films...il s'attaque donc à l'alphabet "cette police de l'écriture". Lui qui n'est pas peintre se met à peindre les lettres géantes
d'un alphabet en pleine "guérilla". Il réalise aussi des films abstraits. Comme Duchamp Villeglé s'adonne au ready-made (déjà fait). Mais la démarche n'est pas tout à fait la même.
Duchamp s'empare d'un urinoir, le renverse, le signe, l'expose, l'intitule "Fontaine", déclarant : "Ceci est une une oeuvre d'art". Pour lui l'objet en question ne doit au départ procurer
aucune espèce d'émotion esthétique. Mais, en la matière, il ne faut pas négliger l'intervention de l'artiste. L'urinoir est d'abord sorti de son cadre. Renversé il ne peut plus remplir
son "trivial" office. Il est transformé en quelque chose d'autre.
Vileglé, lui, doit être touché par ce qu'il voit. Comme un photographe il choisit son cadre. L'affcihe a subit les ravages du temps, des intempéries. Des mains anonymes (celles du "Lacéré
anonyme") l'ont déchiré, lacéré ou grafitté. Villeglé fait son choix en prenant tout cela en compte.
Grâce aux affiches lacérés de Villeglé, l'Art est enfin descendu dans la rue, au 6ème étage du Centre Pompidou.
Juste avant...aujourd'hui mercredi je suis en congé. Programme de la journée : grasse matinée (toute relative étant donné les départs successifs de mes 2 fils Mathias, plutôt discret, et
Thomas, un peu moins), séance de travail sur l'ordi, expo Villeglé à Beaubourg. Je descends à la station Hôtel de ville parce que je réalise trop tard que la station Rambuteau
était parfaite pour se rendre à Beaubourg. Dans mon esprit (embrumé) il fallait que j'aille à Chatelet et que je marche jusqu'au Centre Pompidou. Arrivé tout près mon regard est attiré par des
étals de DVD bon marché. Je remarque des livres à l'intérieur. En fait on y trouve CD, DVD, livres, BD, jeux vidéos et matériel d'occasion, téléphones portables, etc. Les livres de poche sont
classés dans l'ordre alphabétique de même que les DVD. J'apprécie. J'avise L'Etat Sauvage de George Conchon (c'est aussi un film avec Dutronc) qui est sur ma liste de livres à lire, normalement je
devrais le prendre mais j'hésite. Je lis la première page et je le repose. Une autre fois peut-être. Je me dis que je trouverais peut-être Airport de Hailey. Je l'ai vu l'autre jour aux puces de
Montreuil et depuis je regrette de ne pas l'avoir pris. Eurêka ! Il y est, en édition de poche en plus. Plus bas je tombe sur La foreresse noire de F. Paul Wilson. A défaut de voir le
film de Michael Mann, curieusement introuvable, je me rabas sur le livre. J'ai déjà lu 2 ou 3 bons livres de cet auteur fantastique, je suis à peu près sur de ne pas être déçu. Avant de partir
je jette un oeil aux DVD. Il y a un rayon SF, un rayon classique, un rayon action et un rayon films de guerre.
Et qu'est-ce que je découvre ? La légion saute sur Kolvézi. Un film que j'ai déjà vu mais que je cherche depuis des années. En fait j''avais déjà vu le DVD dans une solderie près de
République et depuis je m'en voulais de ne pas l'avoir pris. D'ailleurs je m'étais aussi rabattu sur le livre. C'est décidément mon jour de chance. Mais c'est un boîtier double : il y a la
317ème section avec. Pierre considère que La légion...ne vaut pas la 317ème. C'est moins bon bien sur mais je conserve quand même un bon souvenir de ce film, également produit par George de
Beauregard. J''essaye de marchander mais rien à faire. Par contre surprise tout est à -30% je bénéficie donc d'une bonne réduction.
J'approche de Beaubourg. Je fais halte le temps d'appeler Catherine, une amie qui m'a laissé un curieux message dans lequel elle me dit qu'elle ne pourra pas être là samedi. Elle voulait dire
mercredi je pense. Ce qu'elle me confirme au téléphone. Ce n'est que partie remise...