Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 17:54

http://fouducinema.com/australie/images/animal_kingdom_affiche.jpgEntre film d’auteur et film de gangsters Animal kingdom est un film coup de poing que l’on reçoit en pleine poire…à moins d’avoir revu Massacre à la tronçonneuse la veille (private joke).
 

Le film commence sur une note singulière et cette singularité se manifestera ensuite tout au long du film. Dans ce qui ressemble à une chambre de Motel mais doit être un appartement, Josh regarde à la télévision un jeu inepte avec sa mère assoupie à ses côtés.

 
Deux secouristes arrivent et il leur explique qu’elle a fait une overdose tout en continuant à regarder l’émission du coin de l’œil.
 

Josh est un grand garçon qui paraît être à la limite de l’autisme et pousse assez loin l’apathie et la passivité que la télévision est censée provoquée.

 

 Tiens, cela me fait penser qu’un photographe expose actuellement ses images qui montrent des téléspectateurs du monde entier avachis devant leur petit écran.

 
Ne sachant pas ce qu’il est censé faire (doit-il s’occuper des funérailles ?), il téléphone à sa mamie qu’il n’a pratiquement jamais vu parce que sa mère, non sans raison,  avait voulu l’éloigner d’une famille peu portée sur le métro-boulot-dodo et dont les membres préfèrent gagner leur vie avec le traffic de drogue ou les cambriolages.

 
Elle l’accueille à bras ouvert et il est content de revoir son oncle Warren avec qui il jouait quand il était petit et qui n’a que deux ans de plus que lui.

 

Dans la famille la situation est tendue : les flics les surveillent.

 

L’aîné se cache et les autres doivent faire profil bas. Un flic des stups ripoux les renseignent. La brigade anti-gang devrait être dissoute prochainement, il n'y a pas à s'en faire.

 

Le cadet prend les choses avec philosophie, et en profite pour refaire l’éducation de Josh en lui apprenant à se laver les mains après être aller aux toilettes…

 

Depuis quelque temps il s’est mis à boursicoter et cela ne se passe pas trop mal pour lui. Il explique à Pope son frère aîné, passé entre les mailles du filet policier, que les cambriolages c’est dépassé et que la Bourse c’est l’avenir, d’ailleurs il va lui apprendre.

Mais Pope, un peu perdu, n’a pas l’air trop intéressé.
 

Un autre de ses oncles, déjà speed au naturel, a tendance à exagérer avec la coke.


Tout ce petit monde vit en banlieue résidentielle (au fait nous sommes en Australie), dans un décor où l’on ne s’attend à voir ni policiers, ni truands.
 

La « normalité » est incarnée par la famille de la petite amie de lycée de Josh qu’il invite imprudemment dans sa nouvelle famille. 

Là-dessus le cadet parti rencontrer Pope dans les rayons d’un supermarché se fait tuer au volant de sa voiture par un policier désireux de se faire un truand qui nargue depuis trop longtemps sans doute les services de police.

Au moment de l’exécution, car c’en est une, on entend une voix : il a une arme ! Dans un film hollywoodien on verrait une main déposer un revolver aux pieds du mort, des fois que le spectateur américain moyen ne comprenne pas la situation. Pas ici.

 
Au début j’ai crains de rester en dehors du film comme cela a été le cas avec un film pas si éloigné : Essential Killing, du revenant Jerzy Skolimowski (Deep end, Travail au noir), passé lui aussi à Hollywood après Werner herzog…mais avec pour acteur principal Vincent gallo, pour un film quasi muet, un « survival » mettant en scène un combattant taliban exfiltré dirait-on en Ukraine ou en Russie pour y être interrogé, torturé et parvenant à s’échapper dans un décor de pins et de neige après le désert afhgan…
 

On cause un peu plus dans Animal Kingdom mais les deux films montrent une même violence sèche et sans fioritures.
 

En fait j’ai fini par me sentir concerné par ce qui se passait à l’écran jusqu’à ressortir de la salle relativement estomaqué, malgré la laideur (télévisuelle ?) de l’image et une musique électro plutôt sympa au début mais trop omniprésente.

 

 

Cette laideur et cette musique sont voulues et l’inconfort ressenti, encore renforcé par une trop grand proximité avec l’écran (qui laisse voir le grain de l’image et oblige à balayer l’écran du regard pour tout voir).

 

Pas question de ressentir le moindre plaisir face à une violence un tant soit peu graphique.

 

Aucune sensualité non plus dans ces plans de rues résidentielles (ce qui n’était pas le cas du Halloween de Carpenter où la banlieue était filmée comme dans un western) et d’intérieurs petit bourgeois.
 

C’était la même chose avec Essential Killing…même si certains ont été saisis par l’esthétique du désert ou des paysages de neige.
 

On a parlé de Scorcese et de James gray (il y aurait aussi Abel Ferrara) à propos de David Michôd mais chez eux la photographie est soignée et le cadre lêché…

 
Là encore, je suis impatient de revoir ces films sur petit écran (histoire aussi de redonner une chance au film de Skolimowski), un format qui à mon avis leur conviendra mieux.


Devant l’un et l’autre film on ressent la même sensation d’étouffement : on a pourtant un quasi huis clos (Animal…) et un film tourné presque uniquement en extérieurs…
 

Mais les deux réalisateurs se concentrent sur l’essentiel et ont semblablement éliminé tout le superflu.

 

La caméra du réalisateur polonais ne lâche pas Vincent Gallo d’une semelle tandis que
Josh est de presque tous les plans d’Animal.
 

On sait qu’il va au lycée mais aucune scène ne le montre en cours.
 

Après la mort du cadet, les trois oncles restant décident de monter une expédition punitive. Josh, qui ne sait rien de leur plan, est chargé de voler une voiture puis d’aller se coucher.

 

La voiture est abandonnée au milieu de la rue comme appât et deux jeunes policiers en patrouille (à peine plus âgés que Josh) y laissent leur vie.
 

A partir de là Josh devient une cible de choix pour la brigade anti-gang qui espère, en la personne de Guy Pearce, le retourner et l’amener à dénoncer ses oncles.
 

Un deuxième oncle (le speed) est tué par la police mais cette fois on a pas eu à lui glisser une arme dans la main, il était déjà armé.


Plus tard la « Mama », toujours positive, charge le flic des stups de descendre Josh, son petit fils donc, caché dans une des planques de la brigade (une descente est organisée au prétexte que les voisins auraient aperçus des flingues).

 

Il parvient à s’échapper et décide malgré tout de rencontrer l’avocat de ses oncles (dans un musée) arrêtés entre temps.

 

Il va les aider du mieux qu’il pourra à l’audience. Après tout il n’y a pas de preuve. Après ça il rejoint tranquillement la cache.

 

Mais juste avant Pope a pété un plomb et injecté une dose mortelle à la petite amie de Josh craignant qu’elle ait parlée. 

 

Le procès terminé et ses oncles relâchés Josh, qui a trouvé un bijou de sa copine dans la cour. revient dans la maison familiale…mais ce n’est pas terminé pour autant… 


Quand la critique est presque unanime, j’ai tendance à me méfier un peu : le film peut se révéler un tantinet chiant. Pas cette fois.


Par coltrane - Publié dans : Cinéma & DVD - Communauté : Webzine cinéma
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Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 19:59

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcS3_6qAW7a-5-r_LQSXPS1Yft4SGPOkT5TdEIX7hzlgM5GjfUYwDieter Dengler est né en 1938 à Wildberg, un petit village de la Forêt-Noire. En 1944 sa mère est informée du décès du père de Dieter en Russie. Peu après les avions de chasse alliés mitraillent la gare de Wildberg. Les appareils volent si bas, à quelques mètres au dessus du sol, que Dieter peut aisément distinguer les visages des pilotes et leurs grosses lunettes noires. Les enfants du village considèrent ces raids aériens comme des jeux. Dieter est captivé par ces avions au fuselage harmonieux, par ces moteurs qui grondent d'une manière terrifiante.

Plus tard à Calw, après de nombreuses épreuves dues à l'occupation et à l'absence de ravitaillement, Dieter travaille comme outilleur-ajusteur dans le même atelier d'où s'était enfui Herman Hesse quelques années plus tôt.

 

Il parvient finalement à rejoindre les Etats-Unis et s'engage dans l'armée de l'air. Son bataillon est affecté au parc de matériel de différentes bases. Quelques années plus tard il réussit les épreuves offertes aux engagés qui souhaitent devenir pilotes. Puis réussit les tests d'entrée pour l'école aéronavale de Pensacola. A l'issue d'un entraînement intensif il reçoit sa feuille de route pour le Vietnam.

 

Dès que son porte-avions quitte la base Dieter rassemble ses affaires de survie incluses dans le kit distribué à tous les pilotes et le complète de quelques autres choses suceptibles d'être utiles.

Notamment des pilules jaunes censées remédier à presque tout, des tablettes de sel et des pilules énergétiques. Mais aussi des morceaux de boeufs séchés, des tranches de saucisson épicé et des noix caramélisées.

Il demande au gréeur de parachutes de lui confectionner un sac de couchage en cousant ensemble deux toiles de nylon vert foncé d'un mètre sur deux et d'y ajouter une fermeture éclair au sommet.

Il prétend avoir perdu sa carte d'identité et en demande une nouvelle. Il trafique les semelles de ses chaussures de marche allemande non réglementaires afin d'y dissimuler sa véritable carte d'identité et un exemplaire des Conventions de Genève.

Il a aussi caché 100 dollars dans chacune des languettes de ses chaussures. Il a également conservé son vieux passeport allemand périmé. Et la liste n'est pas close...

Il ne s'arrête pas là et adopte le nom de Wilson qu'il note sur son casque, sa combinaison et tous ses autres équipements. Superstition, prémonition ou précautions d'usage ?

A croire qu'il se doute qu'il va lui arriver quelque chose...

 

La première mission est programmée le 2 février 1966.

Les Skyraider - des bombardiers Douglas monomoteurs à pistons - traversent le Vietnam et s'enfoncent au Laos. 

Dieter découvre une jungle verdoyante, parfois percée d'une falaise blanche culminant à plus de 600 mètres d'altitude.

 

Alors qu'il manoeuvre afin d'être bien positionné son Skyraider plonge en avant et commence à vibrer violemment. Il relâche les gaz, conscient d'avoir été touché et empoigne le manche des deux mains en hurlant de toute la puissance de ses poumons. Il essaye de contacter les autres appareils mais la radio ne fonctionne plus. Son avion a piqué du nez et chute quasiment à la verticale. Il lâche ses bombes et libéré de ce poids, l'avion bondit dans le ciel.

Mais deux nouvelles explosions rendent l'appareil totalement incontrôlable. Une seule solution : sauter.

 

Pour cela il faut d'abord larguer la verrière après avoir défait les sangles d'attache. Puis il faut grimper sur le siège.

Une nouvelle explosion secoue l'appareil et il décide de reprendre les commandes. Il réussit à se sangler à nouveau après s'être débarrassé de son parachute. 

Il passe in-extrêmis au dessus d'une crête verdoyante et jette ses codes d'identifcation, ses notes et ses cartes tout en cherchant un endroit où atterrir. Il repère une petite clairière à environ 800 mètres devant lui. 

Son esprit et ses mains suivent de manière confuse toutes les procédures prévues en cas de crash.

Il a la présence d'esprit de larguer ses réservoirs d'essence externe.

 

Son aile gauche accroche le sol et projette le nez de l'avion contre la terre.

 

Les 8 tonnes du Skyraider rebondissent dans l'air puis l'appareil culbute encore et encore comme s'il faisait la roue.

 

Dieter crie en fermant les yeux, les bras repliés devant son visage, à travers cette cacophonie de tôle arrachée et de terre labourée.

 

Enfin, tout devient silencieux.

 

Son avion a été abattu, lors de sa toute première mission, derrière les lignes ennemies, au Laos.

 

Depuis son enfance en Allemagne, durant et après la guerre, il avait appris à se prendre en main. En sa qualité d'ancien scout, il avait l'habitude d'effectuer de longues marches et de vivre en plein air. Au cours de son entraînement au sein de la Navy, il avait suivi le programme de formations à l'évasion à Warner Springs, en Californie et avait été la première recrue qui avait réussi à s'évader à trois reprises.

 

Mais pour l'instant, alors qu'il s'est déjà éloigné de l'épave, il se fait tirer dessus. En rampant il se dissimule dans des buissons. Il entend un son tout proche et aperçoit des pieds marrons foncé à un mètre de lui.  C'est son premier Pathet Lao, vêtu d'un pagne et tenant à la main une longue machette.

Il est obligé de détruire sa radio et d'abandonner son calibre .38.

 

Cette fois il parvient à s'échapper. Il décide d'aller d'abord vers le Nord parce que l'ennemi va supposer qu'il cherchera plutôt à aller vers l'ouest, vers la Thaïlande.

 

Après quelques péripéties, c'est la capture. Après avoir traversé un sentier à quatre pattes, Dieter entend quelqu'un crier " Yute, Yute !" et ses yeux rencontrent le canon d'acier froid d'une carabine M1, directement pointée sur mon visage.

 

Il tente de se faire passer pour un civil allemand mais tout ce qu'il récolte c'est un violent coup de crosse sur la nuque.

 

Ses gardes semblent vouloir l'emmener au Nord-Viêtnam...

 

Plus tard, alors qu'un chef de village fait signe à leur groupe de s'en aller parce qu'il n'y pas de nourriture pour eux, Dieter constate que ses gardes n'aiment pas qu'on leur dise ce qu'ils ont à faire. Ils sont jeunes, aucun n'a plus de 20 ans, le moins âgé ayant environ 13 ans. Ils décident d'aller vers le village sans permission mais les villageois tirent un coup de semonce et ils renoncent devant le risque de fusillade...

 

Dans un village, où une patrouille de Viêts prend Dieter en charge, des cris et des hurlements rompent soudain le calme. Une explosion assourdissante retentit à proximité. " Des bombes ! ". Tout le monde se réfugie dans une galerie. Dieter a failli se faire tuer par les siens...  

 

Dieter n'est pas toujours maltraité. Un matin il se réveille à côté de quelqu'un qui s'est blotti contre lui pour se réchauffer. Une couverture a été étalée sur eux....

 

Souvent on marche sans faire de halte jusqu'à ce qu'il ne reste plus que quelques minutes avant que le soleil ne disparaisse derrière la montagne...

 

Dieter est interrogé par un homme qui lui parle en français. Tout en regrettant de ne pas avoir mieux étudier cette langue à l'école, il éprouve d'abord une joie infinie à l'idée d'avoir trouvé quelqu'un avec qui parler .

 

Il a le droit d'écrire deux lettres, une à sa mère et une à sa fiancée. Bien que réticent il se laisse photographier.

Le chef de province s'interroge : " Comment avez-vous pu vous faire avoir par les Américains ? Ils ont tué votre père (plutôt les russes en fait) et rasé vos villes et, maintenant, vous allez leur sacrifier votre vie. " 

Dieter répond qu'il ne fait que son devoir et refuse de signer une déclaration condamnant les bombardements américains....

 

Plus tard ses gardes, dont il a dénoncé les mauvais traitements à son égard, le passent à tabac...

 

Une nuit, dans un village, il parvient à défaire ses liens et à s'enfuir dans la jungle. Il a pu récupéré son sac de couchage, ses chaussures et, en prime, une machette.

 

Il décide de rejoindre une montagne qu'il aperçoit au loin. Alors qu'il a déjà commencé à grimper, il entend les Laotiens l'appeler " Americale ! Americale ! ".

 

Bien qu'au cours d'un briefing on lui ait dit qu'il était impossible d'escalader une montagne karstique, c'est précisément ce qu'il est en tran de faire. Il espère que de là-haut il pourra envoyer des signaux à l'aide d'un petit miroir.

 

Toute la matinée il attend en vain le passage d'un avion. Vers 15 h il est assoiffé et au bord de l'évanouissement.

 

Il doit redescendre. Son but : retouver un trou d'eau où il s'est déjà désaltéré. Il étanche sa soif mais il se retrouve submergé d'hommes qui crient, s'agitent, hurlent.

 

Nouveau passage à tabac mais cette fois, petite inovation, il est suspendu à une branche d'arbre, la tête en bas.

 

Sa main gauche, trop longtemps immobilisé, pend désormais mollement à l'extrémité de son poignet. A sa grande surprise, une fois confié à des soldats réguliers de l'armée nord-vietnamienne, on lui rend ses chaussures et son sac.

 

Puis c'est enfin l'arrivée au camp de prisonniers avec sa palissade de bambous aux extrémités aiguisées de 4,50 mètres de haut.

 

Il y fait la connaissance de Duane, un pilote d'hélicoptère de l'Armée de l'air, qui est là depuis 9 mois.

Les autres, Procet, un thaïlandais, Y.C. Tou, un Chinois, Phisit et Thani, des asiatiques, Gene, un américain, qui sont là depuis deux ans et demi, appartenaient à Air America, la compagnie de transport aérien proche de la CIA, opérant en Asie du Sud-Est.

 

Pour Dieter ces durées de détention sont ahurissantes : on lui a dit qu'on le libérerait dans dix jours.

 

Un garde au visage écrasé, que ses compagnons de cellule, ont baptisés Nook the Rook, lui emprisonne les pieds dans un carcan de bois. Il découvrira vite qu'il est assez aisé de s'en libérer.

 

Il est à nouveau interroger par les soldats vietnamiens restés dans le village voisin. C'est Little Hitler, ainsi que l'ont surnommé les prisonniers, accompagné d'autres gardes qui a conduit Dieter et Procet, qui fera la traduction, en dehors du camp.

 

Quand on lui demande de décrire son avion, il dessine sur le sol un appareil avec neuf moteurs, cinq sur l'aile gauche et quatre sur l'aile droite !

 

Finalement on l'enferme dans la même hutte que les autres. En plus des carcans, ils sont menottés pour la nuit mais il est possible de se débarasser des menottes presque aussi facilement que des carcans.

 

Enfermés dans un espace confinés, Dieter estime que c'est un miracle qu'ils ne se soient pas entretuer : ils se querellent parfois mais il leur arrive aussi de rire avec une telle ardeur qu'il a l'impression qu'il va exploser.

 

Il y a deux ans Gene a reçu un petit colis de la " maison " mais les gardes se sont servis d'abord ne lui laissant presque rien.

 

Un jour, alors qu'on leur a annoncé qu'on les emmenait à Yamalat, où se trouve le chef de province, on les tranfère dans un autre camp, très proche du précédent mais mieux camouflé.

 

Sous l'emprise de ses superstitions, un garde, surnommé Crazy Horse, n'hésite pas à ouvrir le feu sur la jungle en direction d'un endroit où il pense qu'un fantôme se cache.

 

Dieter a peu à peu retrouvé l'usage de sa main gauche.

 

Les prisonniers doivent parfois rester assis à la même place toute la journée, menottés les uns aux autres, dans un air étouffant et infesté de moustiques, suffoquant dans la puanteur de leur merde.

 

Régulièrement le riz vient à manquer. Pour les prisonniers comme pour les gardes. Certains d'entre eux partent alors en expédition pour en trouver.

 

Les prisonniers décident d'un commun accord de s'évader lorsque viendra la mousson. En économisant sur leurs maigres rations, ils parviennent à stocker et à faire sécher du riz.

 

Même habitués à manger des rats morts nauséabonds et des asticots, la purée de tétards que leur apporte celui qu'ils appellent le vieil homme, est difficile à avaler.

 

Puis, après de multiples préparatifs, arrive le moment tant attendu : la nuit de l'évasion.

 

Dieter réussit à se glisser dans la hutte des gardes pendant que ceux-ci sont dans la cuisine.

Il récupère deux fusils chinois qu'il lance à Procet et Phisit et s'empare d'un M 1.

 

Mais les gardes ne se laissent pas capturer sans opposer de résistance. Ils surgissent de la hutte et commencent à tirer.

 

Dieter abat l'Idiot, qui se précipite vers lui sa machette brandie au-dessus de sa tête, d'une balle à bout portant.

 

Finalement il s'enfuit avec Duane.

 

Plus tard, après diverses péripéties, ils réussissent à faire un feu et à attirer l'attention d'un C-130 qui lance une fusée éclairante puis une autre. Pour eux aucun doute, ils vont être sauvés. Ce qu'il faut c'est rester vivant jusqu'au lendemain matin pour accueillir l'hélicoptère.

 

Mais le lendemain aucun hélicoptère ne se montre.

Ils se sentent abandonnés.

 

Alors qu'ils s'approchent d'un village abandonné à la recherche de nourriture, ils sont repérés et un villageois surgit devant eux les deux mains levées au-dessus de la tête et agrippées au manche d'une machette.

 

Après un moment d'hésitation il tranche net la tête de Duane.

 

Puis comme Dieter lance ses mains vers lui, il s'enfuit.

Dieter ne demande pas son reste et rebrousse chemin. Il échappe in extremis au piège que les villageois essayent de refermer sur lui.  

 

Plus tard alors qu'il est caché au bord d'une rivière, dix-sept paires de jambes défilent devant lui : des Viêt Cong, tous armés.

 

Il commence à les suivre. Il peut observer ses pisteurs en train de le traquer ! Dieter est si affaibli qu'il commence à avoir des hallucinations. Il entend Duane lui parler.

 

Il n'arrête pas de s'évanouir, de sombrer dans l'inconscience, de vomir. Mais une force inexplicable le fait aller de l'avant.

Il s'engage dans le lit d'une rivière, tue un serpent et en mange la moitié. Soudain il entend le grondement d'un camion.

Puis il réalise que c'est un avion.

 

Un Skyraider ! Il essaye de confectionner un SOS mais ne se souvient plus dans quel sens le " S " doit s'écrire...

 

Un second Skyraider tournoye maintenant dans le ciel. Le premier avion bat des ailes pour signaler qu'il l'a vu.

 

Puis 2 hélicoptères arrivent. Il faut faire vite : les Viêt Cong descendent dans le canyon et commencent à tirer.

 

Un Sikorky HH-3E se positionne au dessus de lui et un harnais de sauvetage commence à descendre.

 

Et enfin ça y est : il est à bord de l'hélicoptère. Il pleure et pleure encore puis le monde se brouille autour de lui.

 

C'est à la détermination d'un jeune pilote de Skyraider qu'il doit sa survie. Son grade lui a permis d'exiger l'envoi d'hélicpotères. 

Dieter était dans un tel état de dénutrition qu'il serait sûrement mort le lendemain.

 

Plus tard Dieter fera le tour du monde - en moto, en auto-stop et à pied. Une pensée ne le quitte jamais : je suis vivant et je suis libre.

 

Dieter Dengler est mort, libre, en 2001.

 

Werner herzog a d'abord réalisé un documentaire sur cette incroyable histoire puis un film hollywoodien avec Christian Bale.

Par coltrane - Publié dans : Journal de lecture
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Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 19:04

http://amnezik666.files.wordpress.com/2011/01/next.jpg?w=149&h=250Lors du congrès Bio Change 2006, Jack B. Watson, un des plus célèbres capital-risqueurs de Californie, déclare que " la biotechnologie est en plein essor (et connait) la plus forte croissance d'un secteur industriel depuis le développement de l'ordinateur. .. ".

Le cadre est posé.

Mais Watson poursuit, un brin lyrique : " Le progrès est notre mission, notre devoir sacré ! Le progrès pour vaincre la maladie ! Le progrès pour ralentir le vieillissement, supprimer la démence sénile, prolonger la vie ! Une vie libérée de la maladie, du délabrement de la santé, de la douleur et de la peur ! Le grand rêve de l'humanité enfin réalisé ! ". Tout un programme...

 

Pendant ce temps au même endroit, Vasco Borden, un détective privé, a pris en fllature un jeune chercheur de MicroTroteonomics nommé Tolman, soupçonné de vouloir revendre douze embryons transgéniques, volés à son employeur.

 

Rick Diehl, qui a créé sa propre société, BioGern, participe aussi au congrès et cherche désespérément à joindre sa femme au téléphone. 

 

Tolman, coincé dans un monte-charge après une course-poursuite, préfère se suicider, en utilsant l'azote liquide que contient le récipient qui lui a servi à transporter les embryons, plutôt que de se faire prendre.

 

Les embryons, eux, ont disparus.

 

Alex Burnet, avocate, assiste son père pendant le procès qui l'oppose à l'université d'UCLA et à BioGen la société dirigée par Rick Diehl. Chacun sait que derrière lui se dresse Jack Watson.

 

L'université a revendu à BioGern, pour trois milliards de dollars, des tissus extraits du corps de Franck Burnet. Il estime que, bien que guéri de son cancer grâce aux soins dispensés par un médecin de l'université, il a été trompé.

 

Barry Sindler, avocat spécialisé dans le divorce (on croise dans le livre presque autant d'avocats que de scientifiques), est embauché par Rick Diehl pour s'occuper de son divorce. S'il ne parvenait pas à joindre sa femme, c'était parce qu'elle était en train de le tromper.

 

L'avocat, qui en a pourtant beaucoup vu, est étonné lorsque son client lui demande que son épouse soit soumise à des tests génétiques. Il comprend vite cependant qu'avec ses tests, qui vont forcément ralentir la procédure, il y a beaucoup d'argent à se faire.

 

A Sumatra, Hagar, un guide, emmènent des touristes voir des orang-outans dans la jungle. Sur place un grand singe s'adresse à eux en hollandais : " Imbéciles. Laissez-moi tranquille. " Puis alors qu'il a entrepris de grimper dans un arbre, en français cette fois : " Espèce de con. "

 

La nouvelle fait le tour du monde. Henry Kendall la prend très au sérieux. D'autant qu'une secrétaire de l'Institut national de la santé, dont le chef du service génétique est le célèbre Rob Bellarmino, lui a téléphoné pour lui poser toutes sortes de question relative à son séjour au sein de l'Institut quelques années plus tôt.

 

Henry sait, lui, qu'il existe déjà toutes sortes de mammifères trangéniques. Il a lui-même travaillé, à l'Institut, sur des embryons de chimpanzés...

 

Josh Winkler et Tom Weller travaillent dans l'animalerie de BioGern. Josh reçoit un coup de téléphone de sa mère. Son frère toxico s'est encore illustré et il faut qu'il aille le chercher au tribunal. Dans la poche de sa blouse il a encore le cylindre contenant sous forme de spray un retrovirus modifié de manière à porter un gène testé sur des rats. Il s'agit, avec ce gène de la maturité, d'accélérer le processus de maturation... 

 

Alors qu'il prend de l'essence son frère en inhale le contenu, croyant que c'était une sorte d'acide..

 

S'exprimant dans la presse des scientifiques estiment que nous ne saurons pas avant 2050 si la thérapie cellulaire réussira...quarante ans se sont écoulés entre le décodage de l'information génétique et les débuts de la thérapie génique...

 

Tom Weller apprend que son père est mort dans un accident de la circulation. Sa soeur se rend à l'hôpital pour demander qu'on prélève du sang du mort. Elle veut faire procéder à un test génétique car elle est persuadé que John Weller n'est pas son père...

 

Le Dr Bellarmino, lui, fait savoir qu'il s'intéresse au gène D4DR, le " gène de la nouveauté "...au grand dam d'Henry Kendall et de Charlie Huggins qui, dans le laboratoire de Radial Genomics, mènent des recherches similaires...

 

Le frère de Josh, Adam, semble avoir tiré profit de l'inhalation. Il s'est métamorphosé : il ne se drogue plus et a même trouvé du travail...Le gène de la maturité semble pouvoir accomplr des miracles.

 

Comme il y a de l'action en justice dans l'air, le corps de John Weller est finalement exhumé pour des prélèvements. A son retour à l'hôpital Long Beach Memorial, Marty Roberts, qui a effectué les prélèvements, est furieux. Il a constaté que l'on avait subtilisé les os du mort !

 

Et c'est son assistant le coupable...Il avait une demande pour des os et il s'est servi...Mais que Marty ne s'inquiète pas, il sera payé...

 

Brad Gordon, le responsable de la sécurité de BioGern et accessoirement le neveu de Watson à qui il doit son poste, a pour habitude de se détendre en assistant à des matches de football féminins. Des matches qui opposent des équipes de collégiennes...Dans les gradins il est abordé par une jeune fille d'environ 18 ans et de fil en aiguille ils se retrouvent dans une chambre d'hôtel...

 

A l'hôpital Long Beach Memorial, après de nouvelles analyses, on découvre que John Weller a peut-être été empoisonné.

Marty Roberts appelle la veuve et lui suggère de demander la crémation. Le cadavre dont on a subtilisé les os est devenu bien encombrant...

 

Ellis Levine, un comptable, retrouve sa mère au premier étage d'une boutique Ralph Lauren. Celle-ci n'arrive pas à admettre que leur situation financière n'est plus ce qu'elle a été. Pas question de la laisser jeter l'argent par les fenêtres.

 

Le Dr Bellarmino n'est pas seulement un homme de science mais aussi un homme de Dieu. Cela ne l'empêche pas de défendre le génie génétique, il existe 500 maladies pouvant potentiellement être guéries par la thérapie génique, au nom du progrès et avec la conviction que Dieu nous montrera le monde qu'Il veut pour nous.

 

Marty Roberts n'est pas au bout de ses peines. Alors qu'il songe sérieusement à virer Raza son assistant, Mme Weller l'informe par téléphone que la crémation du corps de son mari ne peut avoir lieu : les bras et les jambes de son défunt mari contiennent des tuyaux métalliques...Raza n'a respecté la règle : du bois, toujours du bois.

 

Comme si cela ne suffisait pas le fils du défunt porte plainte contre l'hôpital parce que celui-ci a publié sur le net des éléments du rapport d'autopsie et qu'il faisait apparaitre que Weller était porteur du gène des cardiopathes. Résultat : la compagnie d'assurances du fils a résilié son contrat...

 

Chez BioGern Josh s'entend dire par sa mère que son spray est vraiment fabuleux : son frère ne se drogue plus et il a trouvé du travail. Est-ce que Josh ne pourrait pas s'en procurer encore pour ses cousins ?

Sur ces entrefaites Josh voit une voiture de police piler devant la porte d'entrée. Les policiers se dirigent vers Brad, encore en train de baratiner la jolie Lisa à l'acceuil, et l'arrêtent pour violences avec voies de fait et viol sur une mineure...

 

Henry Kendall rend visite à Marty Roberts, une connaissance. Il veut que celui-ci analyse un échantillon de sang qu'il s'est procuré, par la ruse, à l'Institut national de la santé.

 

Il s'avère que Brad Gordon a été piégé. Il n'a pas violé la jeune asiatique et pourtant celle-ci a bien été violentée. Essaye t-on de l'éloigner de BioGern ? Il faut dire que comme responsable de la sécurité de la société il n'a pas fait d'étincelles...

 

Le patron de la boite, Rick Diehl, découvre que Josh a testé le gène de la maturité sur des êtres humains. Il est lui aussi impressionné par les résultats.

 

Universités et entreprises commencent à déposer des demandes de brevets pour des gènes...Par exemple celui dit de la sociabilité...Un article remet les pendules à l'heure : " Un gène unique ne contrôle pas un trait de caractère. Malheureusement le public l'ignore. Il croit qu'il existe un gène pour la couleur des yeux, pour la taille, pour les cheveux frisés. Alors pourquoi pas un gène pour la sociabilité ? Les généticiens gardent le silence. Ils sont en concurrence pour identifier les gènes qu'ils pourront breveter dans leur intérêt personnel. "

 

Des artistes commencent, eux aussi, à travailler sur le vivant et à exposer qui un cactus transgénique, qui des papillons génétiquement modifiées...

 

Gail Bond, généticienne, découvre que son fils est aidé dans ses devoirs...par un perroquet. Non seulement celui-ci parle, ce qui est un minimum, mais il est également doué pour l'arythmétique, ce qui est inédit.

 

Considéré comme aussi intelligent que le chimpanzé le gris d'Afrique de Gail a bénéficié de l'injection réussie de transgènes.

 

Brad est chargé par une émissaire de son oncle de contaminer la lignée cellulaire de Burnet, cet homme guéri de son cancer par un traitement révolutionnaire. Cette lignée produit des cytokines qui jouent un rôle important dans le traitement du cancer...Watson souhaite empêcher l'arrivée de nouveaux investisseurs en affaiblissement la position de BioGern.

 

Un article fait le point sur de soi-disant études prédisant la disparition des blondes...Le professeur Len Euler regrette qu'un travail de vérification élémentaire n'ait pas été effectué par les médias. Ceux-ci ne vérifient plus rien...

 

Henry Kendall arrive aux immenses installations de recherche sur les primates de l'Institut national de la santé, près de Washington.

On lui présente Dave le " fils " de la femelle chimpanzé F-402. A l'époque Henry voulait découvrir les gènes responsables des différences entre les capacités de communication des humains et celles des singes. Il avait alors introduit des gènes humains directement dans un embryon de chimpanzé pour créer un animal transgénique.

Dave est surprenant : il a une face plus plate et une peau bien plus claire que ne l'est en général celle de ses congénères. Mais surtout il...parle.

 

Alors qu'il était promis à une mort certaine, Henry se débrouille pour le ramener avec lui. Sa femme et ses enfants sont encore plus surpris qu'il ne l'a été mais dorénavant Dave va faire partie de la famille...

 

La femme d'Henry, créatrice de sites Web, invente sur la Toile, avec l'aide de son mari, le syndrome de Gandler-Kreukheim, une mutation génétique très rare, caractérisée par une courte stature, une pilosité excessive et des difformités faciales donnant une apparence simiesque.

Ainsi Dave devient, par un tour de passe-passe informatique, un être humain à part entière, ce qui faciitera son intégration. Mais à l'école, où il accompagne Jamie le fils d'Henry et de Lynn, les choses ne vont pas forcément bien se  passer...

 

Un article nous apprend que le pathologiste Marty Roberts de l'hôpital Long Beach Memorial, dénoncé par son ancien assistant, est impliqué dans une affaire de vol d'os, de sang et d'organes.

 

Josh déchante : des rats sur lesquels on testait le gène de la maturité sont morts. Simultanément il découvre que son frère a pris un sacré coup de vieux.

 

Devant des attachés parlementaires le professeur Garfield explique que les gènes réagissent infiniment plus à leur environnement - à la fois interne et externe - qu'on ne le pensait...

 

Rick Diehl de son côté apprend que Brad a contaminé pendant la nuit toutes les cultures de la lignée cellulaire Burnet.

 

Certains publicitaires pensent que le moment est venu de développer la publicité génomique : il s'agit par des modifications génétiques et d'autres techniques de mettre " des noms de marque sur des poissons, des slogans dans les nuages, (de créer) des rhinocéros en Afrique qui porteront le logo Land Rover. "

 

Le détective Vasco Borden est chargé par Rick Diehl de récupérer sur la " bête " des cellules de Franck Burnet. Celui-ci étant introuvable il décide que sa fille et son petit-fils feront l'affaire... Mais vont-ils se laisser faire ?

 

Le docteur Bennett reçoit la visite d'une jeune femme qui dit être sa fille. Etudiant il avait donné anonymement son sperme. Maintenant que sa " fille ", qui s'est donnné beaucoup de mal pour le retrouver, est elle-même devenue mère elle attend de son " père " qu'il remplisse ses devoirs...

 

La femme du Dr Bellarmino découvre que sa fille prend des hormones puis se fait ponctionner les ovules pour les vendre...

 

Aaron, un avocat explique à ses frères (leur mère a un alzheimer qu'ils attribuent au spray de Josh tandis que lui se défend en disant qu'il ne lui a envoyé que de l'eau pour tester l'effet placebo) que " la thérapie génique tue de toutes sortes de manière. Ces types ne savent pas ce qui va se passer. Ils transplantent des gènes au petit bonheur la chance, qui peuvent être des gènes du cancer... " 

 

Un article, issu bien sûr de l'imagination débordante de l'auteur, affirme que l'on va pouvoir " créer des cafards géants destinés à être vendus comme animaux de compagnie ".

 

Le juge d'Oxnard décide que la propriété de BioGern sur les cellules de M Burnet ne les autorise pas à prélever ces cellules sur un individu, vivant ou mort, y compris M Burnet lui-même...Les individus doivent pouvoir disposer indéfiniment de leurs tissus...On ne peut raisonnablement accorder la propriété de gènes ou de certaines protéines à quiconque...

 

Gérard, le perroquet doué pour les maths, à l'issue d'un certain nombre de péripéties se retrouve chez les Kendall, une famille moderne qui a déjà acceuilli Dave: " La famille branchée n'est plus ni homosexuelle, ni recomposée, ni interraciale...elle est transgénique et interspécifique..."

 

A la fin de l'ouvrage des notes de l'auteur enfoncent le clou : Pour lui il faut cesser de breveter les gènes, établir des directives claires pour l'utilisation des tissus humains, faire des lois garantissant que les données des expériences génétiques soient rendues publiques mais aussi éviter les interdits sur la recherche.  

 

On sent que Crichton, lui-même médecin, est à son affaire : il n’est question ici que de gènes, de thérapie génique et de thérapie cellulaire…

Roman choral, comme le précédent, Next semble avoir été écrit davantage dans le but de délivrer un message que dans celui de batir une intrigue…

Ses personnages manquent certes d'épaisseur psychologique et la plupart ne sont là que pour illustrer une idée mais le découpage du livre en courts chapitres lui assure un rythme soutenu et on ne s'ennuie pas une seconde....

Didactique, comme l’était également Etat d’urgence (une implacable condamnation de «  l’écologisme » présenté comme un nouvel eugénisme), Next semble vouloir aborder, sous divers angles, la question des risques liés à l’utilisation thérapeutique mais aussi commerciale des gènes.

Ce qui lui donne parfois des allures d’inventaire…

Spécialiste de l' « extrapolation des recherches scientifiques en cours », inventeur du " techno-thriller ", Crichton s'en donne à coeur joie.

Par coltrane - Publié dans : Journal de lecture
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Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 19:22

http://s1.e-monsite.com/2010/06/02/02/resize_550_550//1980_NORMANDIE-NIEMEN-UN-TEMPS-POUR-LA-GUERRE.jpgLe titre complet du récit d'Yves Courrière,  Normandie-Niemen Un temps pour la guerre, lui a été inspiré par une citation de l'Ecclesiaste (chap II, 3/8) " Il y a le moment pour tout, et un temps pour tout faire sous le ciel : Un temps pour aimer et un temps pour haïr, un temps pour la guerre et un temps pour la paix. "

 

«  Normandie-Niemen » : un nom connu, une aventure ignorée…

On sait en général que des pilotes français ont combattu les nazis sur le sol russe, auprès des soviétiques, durant la seconde guerre mondiale.


Combien étaient-ils ? Qui étaient-ils ?

A ces questions et à bien d’autres on trouvera les réponses dans l’ouvrage d’Yves Courrière qui retrace par le menu la saga devenue légendaire de la célèbre escadrille.

 

De plus Normandie Niemen constitue en quelque sorte, pour moi, une suite au livre de Jean Lopez (Koursk...), puisque l’escadrille a accompagnée la contre-offensive soviétique de la bataille de Koursk jusqu'aux confins de l'Allemagne...

 

Si pour Churchill et l'Angleterre la situation paraît désespérée, que dire, en ce printemps 1941, de celle du général de Gaulle et de sa poignée de Français libres ?

 


On le sait peu mais le 8 juin de Gaulle engage en Syrie et au Liban, contre les forces de Vichy, 6 000 hommes et une poignée de chars, de canons et d'avions. Il faut à tout prix éviter que les Anglais gagnent seul la bataille.

Le 24 juillet les troupes vichystes capitulent...

 

Les premiers mois de 1942 sont tout aussi catastrophiques. Les Etats-Unis, en guerre depuis Pearl Harbour - le 7 décembre 1941 - ont essuyé échec sur échec en Extrême-Orient et dans le pacifique.

Vichy signe avec Tokyo un accord de défense en commun de l'Indochine.

En Russie l'offensive de printemps peaufinée par Hitler doit mettre un terme à la résistance désespérée de l'Union soviétique.

 

Quant aux Anglais leur situation en Méditérranée est pour le moins critique.

 

C'est dans ce contexte peu propice que naquit à Carlton Gardens, à Londres, l'idée folle de créer une unité de Français libres combattant aux côtés des Russes sur le territoire soviétique.

 

Il faut dire que l'état-major anglais refuse que les unités françaises combattent en Lybie.

A Londres le jeune chef du 2è bureau des F.A.F.L., Albert Mirlesse, a une longue conversation avec un officier de l'armée de l'air française ralliée à la France libre, le colonel Charles Luguet, ancien attaché de l'Air à l'ambassade de France à Moscou.

 

D'après lui rien n'est joué en Russie. Grace aux facultés de résistance du peuple soviétique, " la guerre sera longue et dure. Les jeux sont loin d'être faits.... "

 

Puisque les Anglais ne veulent pas des deux divisions légères de de Gaulle, celui-ci allaient les proposer aux Russes !

En prime il y ajouterait quelques-uns des excellents pilotes des F.A.F.L. 

 

Parmi eux il y aura, tout naturellement, des descendants de Bolcheviks mais aussi des descendants de Russes blancs, des juifs, des Parisiens, des Normands, un Breton, un Provençal et deux comtes !

Ils rejoindront l'URSS, et d'abord les Forces Françaises Libres, après des périples parfois compliqués qui auront obligés certains à parcourir la moitié du globe…  

 

En Russie Leningrad, assiégée, meurt de faim. La ration des combattants est réduite à 200 grammes de pain par jour - et quel pain ! -, celle des civils à 125 grammes. Les autorités ont interdit la vente de viande sur les marchés. Il n'aurait pu s'agir que de chair humaine !

 

Sur place, l'escadrille " Normandie ", les " ambassadeurs du courage " comme les baptisera plus tard Ilya Ehrenbourg,  porte son choix sur les chasseurs soviétiques Yak 1, au grand dam des chancelleries occidentales.

 

Les rapports avec les femmes soviétiques sont parfois étranges. Ainsi Michel Schick qui a obtenu un rendez-vous avec une certaine Natacha l'entend soudain lui demander s'il a entendu parler des purges de staline en 1936-37 ?

Prudent il réserve sa réponse. Elle insiste : ce salaud de Staline a fait exécuté une bonne partie des 35 000 officiers de l'armée. Cette ordure a conduit notre peuple à la catastrophe...c'est un fou, un paranoïaque...buvons à la mort de ce porc !

Mais Michel, qui a préparé le concours de Sciences Po, comprend soudain la manoeuvre, se lève se dirige vers la porte en disant : " Vous tenez un langage irresponsable qu'un officier français en Union soviétique ne saurait entendre ! "   Alors Natacha s'excuse et explique que c'était les ordres... 

 

Le Yak 1, même s'il n'est pas le seul dans ce cas, offre la particularité d'avoir des mitrailleuses qui tirent à travers l'hélice...celles-ci doivent donc être soigneusement réglées.

 

Les pilotes français ne sont pas venus seuls, sur le sol russe, des mécaniciens les ont accompagnés.

Malheureusement ceux-ci ne sont, dans l'ensemble, pas assez qualifiés. Certains sont même jugés dangereux.

Finalement ils seront tous remplacés par des mécaniciens russes.

 

Le recrutement des pilotes n'a pas été de tout repos. A Londres Pierre Pouyade, le deuxième commandant de l'escadrille, fait l'article. Avec les plus jeunes il joue le gros tambour du soudard héroïque : " Qui est-ce qui veut se faire tuer, pas baiser pendant six mois et bouffer de la merde ? "

 

Et ça marche!

 

Plus tard , il retrouve " le grenouillement répugnant auquel se livre l'Afrique du Nord politique, partagée entre giraudistes et gaullistes ".

 

A Khationki, alors que commence la bataille de Koursk, Roger Tournelier, un jeune mécano, note dans son journal : " La canonnade fait rage. On croirait un orage continu. Impossible de dormir. Avec le survol du terrain, la D.C.A. ne cesse de tirer. Canon, très fortes explosions. La terre tremble. Moi aussi. "

 

Michel Schick est en première ligne dans une voiture radio. Sa fonction : radio-guideur. Feux, sang, explosions, hurlements. Devant lui les régiments sacrifiés montent les premiers à l'attaque dès que le pilonnage intense cesse.

Dans les unités disciplinaires pas de grades, pas de capitaine, pas de lieutenant. " Rien que de simples soldats. Ils ont tous fait des conneries. Alors ils avancent les premiers, à cause des mines...S'ils s'en tirent et s'ils ont eu une bonne conduite, à la fin de l'offensive ils retrouveront leur grade et leurs décorations...mais ils n'ont pas beaucoup de chance (de s'en tirer). "

 

Le soir du 17 juillet l'escadrille compte déjà six morts en quatre jours pour dix-sept victoires homologuées.

Tulasne disparu, Pouyade, " Pepito ", le plus ancien dans le grade le plus élevé, prend le commandement.

 

Pour lui la disparition de Tulasne, le compagnon de promotion de Saint-Cyr, est un rude coup au moral.

 

Yves Mahé, un des disparus, n'est pas mort mais il a été fait prisonnier. Dénoncé par des petits ukrainiens. Il faut dire qu'une partie importante des Ukrainiens et la majorité des musulmans atteints par l'avance allemande s'étaient placés avec empressement sous la houlette allemande.

 

Vlassov, officier général de l'armée Rouge, a constitué des unités formées de Russes blancs et de prisonniers soviétiques et s'est mis au service des Allemands. Mais cela " Normandie " ne peut pas le savoir.

 

Un matin à l'aube sur le terrain de Michkovo plat comme la main, une colonne de charettes paysannes apportent un millier de sapins coupées dans la nuit. Tout est prêt pour le camouflage.

 

Pouyade se souvient que pendant la drôle de guerre il avait coupé un sapin et l'avait brulé pour se réchauffer. Le propriétaire s'était plaint et Pouyade s'était fait tapé sur les doigts par le ministère !

 

" La guerre, la victoire, ce n'est pas seulement l'effort d'un état-major et de ses soldats, c'est celui de tout un peuple ! En Union soviétique, qu'il fût civil ou militaire, chacun se sentait mobilisé. "

Voilà qui plairait à Gilles Perrault !

 

En septembre plus rien ne semble pouvoir contenir l'avance des troupes soviétiques sur l'ensemble du front. En Ukraine les Allemands ont reculé de 500 kms au centre, de 1300 au sud. En Biélorussie, l'armée Rouge a atteint le Dniepr. Smolensk a été prise le 24 septembre.

 

Les beuveries, bien que rares, permettent aux hommes d'oublier dans l'amitié, l'alcool et les mots triviaux, les atroces conditions de la vie menée depuis 6 mois, la vision quotidienne de milliers de cadavres qui jonchaient la plaine et la disparition de trop nombreux copains.

 

Pouyade retourne à Alger pour recruter. Bien vite il en a " par dessus la tête du bordel d'Alger. (Il) préfère retrouver son merdier russe." Ici la guerre semble le dernier souci des gens, trop occupés à intriguer pour le camp de Giraud ou celui de de Gaulle.

Néanmoins Pépito parvient à recruter une cinquantaine de pilotes.

En mars il est de retour en Russie, à Toula.

 

Jeannel, très épris d'une jeune étudiante russe voit ses espérances ruinées lorsqu'elle lui raconte que la police lui a rendu visite et l'a menacer, si elle continuait à le voir, des travaux forcés dans un camp de travail...

 

Les français sont jugés " Nié Kulturé ! ". Sans morale !

 

Bien que ne devant pas se mêler de politique, certains se rendent au congrès antifasciste de Moscou où l'un d'eux, le " père Magloire ", représente la France et  prononce - en russe - un discours.

 

Pouyade a un autre problème à résoudre : il doit rencontrer le bouillant colonel Staline, le propre fils du petit père des peuples, dont les frasques étaient connues, qui souhaite rattacher l'escadrille à son corps aérien.

 

Finalement celui-ci est dans un bon jour et n'insiste pas trop.

 

Pour se changer les idées on se rend dans le village d'à côté où l'on pend un collaborateur russe qui avait vendu des partisans aux Allemands.

 

Depuis le début de la campagne de 1944 (le temps a filé !) " Normandie " se place en seconde position de toutes les unités de l'armée de l'air soviétique avec 86 victoires !

 

Le fleuve Niémen ayant été franchi malgré une forte résistance allemande " Normandie " obtient le droit de porter le nom de " Niémen ". Désormais ce sera " Normandie-Niémen ".

 

Parfois on s'ennuie et on se prend à regretter que le Niémen ne charrie plus ces bons et gros cadavres aux ventres ballonnés, cibles si agréables pour les pilotes qui, retour de mission, déchargeaient sur eux de pleins chargeurs de T.T. 7,65.

 

Le 15 août a lieu le débarquement en Provence. Le 17 août c'est la bataille de Falaise. A 2000 km d'Alitous (où se trouve maintenant l'escadrille), les Alliés tenaient le bon bout.

 

L'objectif est maintenant Koenigsberg, la ville sept fois centenaire des chevaliers Teutoniques, le berceau de Kant, le refuge de la cour de Prusse lors de l'invasion napoléonienne, la terre sacrée du nationalisme allemand. Il est clair que les nazis (et la Luftwafe) vont la défendre pied à pied.

 

Les combats aériens ne diffèrent pas de ceux de Pierre Clostermann : ..." Muche " cabre, se replace dans la queue du Stuka...pour essuyer une giclée de traçantes dont le mitrailleur arrière l'arrose généreusement. Par bonheur le pilote allemand zigzague pour se dégager, sinon Gaël était bon ! Dans le feu du combat, il a non seulement oublié la présence d'un mitrailleur arrière, mais aussi l'absence de glace pare-balles à l'avant du Yak 3, supprimée par Yakovlev pour gagner du poids ! Heureusement, le schwak de 20 mm est bien là et remplit son office. Le Stuka éteint à jamais sa sirène sur Chataloupien...

 

Aux commandes des " pointus " (avions ennemis) ce sont visiblement de jeunes pilotes, certainement venus du bombardement et récemment convertis à la chasse. Ils ne savent que piquer et se redresser...

 

Voilà de quoi, peut-être, relativiser le tableau de chasse de l'escadrille...

 

L'offensive contre Koenigsberg est un échec. L'armée Rouge n'a pas réussi sa percée. Sur un front étroit l'ennemi jouit à nouveau d'une densité favorable. La guerre ne se terminera pas avant le redoutable hiver d'Europe centrale.

 

Le premier pilote à fouler libre le sol allemand, à Gross-Kalveitchen, est Jean-marie-paul, marquis de Pange.

 

On apprend alors que de Gaulle va rendre visite à " Normandie-Niémen " où il n'a pas que des partisans, certains estimant que c'est " un homme qui a attisé les passions plutôt que de les calmer ".

Mais, à cause de la météo, il leur faudra faire le déplacement jusqu'à Moscou pour rencontrer le grand homme.

 

Ce n'est pas encore terminé, voilà venu le temps de la troisième campagne. Il faut tenir, malgré le manque de nouvelles des familles, malgré le froid (-43°cette nuit), malgré la nourriture douteuse, malgré la promiscuité de vingt camarades entassés dans la même pièce, malgré l'ennui de relire pour la dixième fois le même livre aux pages ramollis, malgré la dysenterie, malgré les punaises...

Certains ont renoncé à des permissions en France pour pouvoir continuer à jouir de ces merveilleuses conditions de vie !

 

Koenigberg tient toujours. A Paris, passé l'enthousiasme de la Libération, on se débat au milieu de mille difficultés.

 

La Luftwafe engage ses meilleures troupes et désormais on sort en force. C'est peut-être le chant du cygne de la Luftwafe mais les ultimes coups d'ailes sont meurtriers.

 

Tout de même Koenigsberg tombe au soir du 9 avril 1945.

 

Le 12 avril Georges Henry met un point final au palmarès de " Normandie-Niémen ".

En deux ans il y aura eu 273 victoires et 42 morts.

 

Les Russes sont dans Berlin, la radio annonce qu'Hitler se serait suicidé...

 

Mais les frères d'hier se sentent déjà " broyés "par la gigantesque machine qui, entre l'Est et l'Ouest, se mettait en route pour la conquête politique de l'Europe...

Par coltrane - Publié dans : Journal de lecture
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Mardi 15 mars 2011 2 15 /03 /Mars /2011 19:31

http://www.cerclenoir.com/images/DELTEIL.jpgAvec 2011 Gérard Delteil se lance, en 2004, dans la politique-fiction. Son thriller s'attache à décrire les causes et surtout les conséquences d'une crue décennale de la seine, plus importante que celle de 1910.

 

C'était assez curieux de terminer ce livre au moment où le Japon se trouve confronté à un tremblement de terre, doublé d'un tsunami , sans parler de l'alerte nucléaire...

 

L'auteur imagine que cette crue aura lieu en...2011. C'est le moment de toucher du bois. Comme si cela ne suffisait pas un groupe terroriste s'efforce d'aggraver les dégâts en faisant sauter des barrages en amont de la capitale.

 

Roman choral, 2011 regorge de personnages, tous en but aux inondations,  dont la préfète de région, Martine Perlican, vite surnommée par les médias " Mme Inondation ". Cette soudaine notoriété ne lui portera pas forcément chance...

 

En haut d'une tour parisienne le patron d'Europe Telecom réunit une cellule de crise...Un truand sur le retour va enfin pouvoir mettre à exécution son plan : cambrioler une bijouterie avec du matériel de plongée...Dans un immeuble parisien , les pieds dans l'eau, la vie s'organise autour des difficultés de ravitaillement et des mesquineries de voisinage exacerbées par les inondations...A Genève, au sein du comité Olympique, les inondations parisiennes sont vues d'un bon oeil par certains...Deux policiers des RG enquêtent sur un vol de parpaings...

 

Une partie de l'histoire se déroule dans le nouveau Forum des Halles qui dans la réalité n'a pas encore vu le jour...

 

L'auteur s'est beaucoup documenté et remercie d'ailleurs en fin d'ouvrage un grand nombre de spécialistes et de responsables.

 

Presque jusqu'à la fin, il parvient à maintenir un réel suspens. L'effet " thriller " joue à plein  et on est à chaque fois impatient de retrouver les différents personnages. Une fois dans le dernier quart du livre, on commence néanmoins, comme la plupart des protagonistes,  à souhaiter que la décrue s'amorce rapidement...

 

Moins palpitant que le Réveillez le Président de Jean-hugues Oppel, 2011 doit quand même être salué comme l'une des rares incursions françaises dans la politique-fiction.  

Par coltrane - Publié dans : Journal de lecture
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