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En 2006 Alfonso Cuaron réalisait avec Les Fils de l'homme l'un des meilleurs films d'anticipation des années 2000 et donnait l'un de ses meilleurs rôles à Clive Owen

Comme souvent, ce film était l'adaptation d'un livre, publié en 1992 par l'auteure de polar P.D. James (1920-2014).

Pour la première fois elle délaissait le roman criminel pour la science-fiction. "Ce matin, 1er janvier 2021, trois minutes après minuit, le dernier humain né sur terre s'est fait tuer au cours d'une rixe dans une banlieue de Buenos Aires, à l'âge de vingt-cinq ans, deux mois et douze jours."  Le décor et le thème sont posés dès l'incipit.

Un démarrage choc donc mais la suite n'est pas de la même veine. L'auteure avait plus de 70 ans lorsqu'elle a écrit ce livre et j'ai repensé parfois à ce livre de science-fiction écrit par un auteur âgé qui m'était tombé des mains tant il suintait la vieillesse.

Ici aussi, au début en tout cas, on a cette même impression. PDJ réussit cette prouesse de nous infliger des longueurs alors que le roman est plutôt court (312 pages). Surtout pour elle plus habituée, il me semble, aux pavés. Il faut dire que je ne l'avais jamais lu et que je n'étais pas familier de son style.

Si le cinéaste a plutôt réalisé un film d'action virtuose - même si réflexion et émotion n'en sont pas absents - l'auteure du livre avait plutôt écrit un roman psychologique à l'atmosphère un peu suranné et assez british. Ce côté vieille Angleterre n'est d'ailleurs pas désagréable et le décor de l'université d'Oxford (?) participe au contraste entre une époque futuriste - ou plutôt future, il n'y a rien de futuriste dans le roman, même les véhicules ne paraissent pas avoir beaucoup évolué - et des lieux chargés d'histoire.

A la lumière des disparitions massives des milliards d'espèces parmi toutes celles qui ont vécu sur Terre, la disparition prochaine ou même lointaine de l'homo sapiens ne fait aucun doute. Il se pourrait qu'en ce moment un astéroïde de taille suffisante pour détruire notre planète soit en route vers nous. PDJ n'est pas si éloignée des préoccupations qu'exprime Stephen Baxter dans son roman Evolution (voir recension sur ce blog).

Dans le livre, en attendant l'arrivée de cet astéroïde ou d'une autre catastrophe naturelle ou provoquée par l'homme, c'est la stérilité universelle qui menace l'existence de l'espèce humaine. 

Le sujet de la mauvaise qualité du sperme est presque devenu un marronnier ces dernières années mais en était-il déjà question au début des années 90 ? Quoiqu'il en soit c'est l'une des trop nombreuses menaces qui pèse sur la survie de notre espèce.

On appelle Oméga la dernière génération d'être humains nés sur Terre en 1995. Ils jouissent de certains privilèges et le reste de la population vieillissante fait preuve de beaucoup de mansuétude à son égard. Presque toutes les maladies, à commencer par le Sida ont été éradiquées mais la science se révèle impuissante à combattre et même à comprendre le fléau qui condamne l'humanité à brève échéance.

Des Quietus - le suicide collectif des vieillards - sont organisés à intervalle régulier. Ils montent à bord d'une espèce de barge, entonnent un chant vêtus de blanc et s'éloignent lentement dans le crépuscule. Ces exhibitions publiques de sacrifice et d'émotion sont même retransmises à la télévision. 

Les Séjourneurs, de rares étrangers admis à rejoindre la Grande-Bretagne peuvent aider les couples âgés à accomplir leurs taches ménagères, entretiennent les routes, curent les égouts et ramassent les poubelles. Rien de très différent avec l'époque actuelle. 

A la télévision des évangélistes et autres vendeurs de salut, deviennent des vedettes.

(à suivre) 

Tag(s) : #Journal de lecture

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