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Malgré l'absence de combats d'envergure la drôle de guerre ou comme Jean-Paul Sartre l'a écrit dans son journal la "guerre à la Kafka", a tout de même coûté 10410 morts à l'armée française entre septembre 1939 et début mai 1940 - 1500 soldats environ tués au combat, près de 4000 décès durant l'hiver 1939-1940 particulièrement rude mais aussi 103500 décès enregistrés dans la population en janvier 1940 contre 62078 en janvier 1939.

A travers une "histoire du quotidien" l'historien Fabrice Grenard entend faire un sort à un certain nombre d'idées reçues sur les huit premiers mois de la Seconde Guerre Mondiale en France.

Pour saisir l'état d'esprit et les comportements des Français, outre les témoignages (journaux personnels, correspondances, carnets), l'historien dispose bien sûr des archives et en l'occurence des rapports établis par les services de gendarmerie, de police, du 2è Bureau ou des Renseignements généraux.

En particulier les rapports du contrôle technique, une administration récente mise sur pied pour écouter les Français, connaître leurs préoccupations, en se livrant à des écoutes téléphoniques ou des surveillances de correspondances.

Transférées à Berlin puis à Moscou parce qu'elles renferment de nombreuses informations sur le parti communiste, elles ont été inventoriées et sont désormais accessibles aux Archives nationales.

Après l'entrée en guerre l'idée dominante dans l'opinion, "Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts", correspond à une sorte d'aveuglement mais repose aussi sur des facteurs objectifs. Si la France dispose de nombreux atouts, les faiblesses ne sont pas ignorées comme le prouvent les nombreux débats autour du réarmement. Si les choix stratégiques adoptés peuvent apparaitre comme l'expression d'une certaine passivité, ils s'intègrent en fait dans le cadre d'un calcul pesant les atouts et les faiblesses. A postériori ces options ont été mauvaises mais il s'agissait de gagner du temps - un temps nécessaire pour se préparer et gagner le conflit...

Cette époque c'est presque la nôtre. Ecoutes téléphoniques, sondages, débats, il ne nous manque plus qu'une bonne guerre...Quel bonheur de lire un vrai livre d'historien, rigoureux, précis, citant ses sources !

Tag(s) : #Journal de lecture

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