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Dormez tranquilles jusqu'en 2100

Au commencement était l'énergie. La croissance significative qui a démarré vers 1800 repose sur le charbon, le pétrole, les chutes d'eau, le gaz et l'uranium. Autrement dit sur l'énergie. Cette énergie a servi à alimenter les machines dont nous sommes de plus en dépendant. Pour pouvoir enfiler un simple slip, des centaines - milliers ? - de machines sont intervenues. La production économique est une affaire de transformation - grâce à l'énergie - de ressources naturelles. Et l'emploi suit l'énergie. Or depuis 2005 la production mondiale de pétrole à quasiment cessé d'augmenter...

Concernant la hausse des températures, il faut savoir qu'il a suffi de 5° de hausse de la moyenne pour passer de la dernière ère glaciaire au climat d'il y a un siècle...

Alors comment décarbonner l'économie ? Miser sur le solaire et l'éolien ? Pour l'auteur il faut faire baisser les émissions année après année, à travers les économies d'énergie, le nucléaire et le remplacement temporaire du charbon par le gaz dans la production électrique. Malheureusement entre 2000 et 2014 c'est surtout la production annuelle de charbon qui a augmenté de 1,5 milliard de tonnes équivalent pétrole... Et en Allemagne les investissements massifs dans l'éolien et le solaire n'ont pas fait baissé les émissions de CO2 par personne...et cela conduirait à une augmentation de la température au sol dans les zones concernées par ces installations. Pour l'auteur c'est donc une fausse piste.

L'Allemagne ne serait donc pas être un modèle ? Outre ses émissions deux fois supérieures à celles de la France, la production d'électricité à base de lignite, le pire des charbons, n'a pas diminuée. L'électricité issue des renouvelables est exportée.

Pour ce concerne la fameuse transition énergétique, si on investit au niveau planétaire de l'ordre de 100 milliards de dollars pour l'éolien et le solaire par an, le même montant est consacré au...charbon dont l'exploitation provoque un peu moins de 10 000 décès par accident par an, sans compter les 300 000 à 600 000 morts prématurées dues à la silicose et à l'anthracose !

A quoi s'ajoutent les effets toxiques de sa combustion...

Au chapitre des morts, des ruptures de barrages en Chine ou en Inde ont fait plus de 100 000 morts, en comptant les victimes de maladies propagées par l'eau devenue non potable.

Pourtant personne, nous dit l'auteur, ne milite dans l'association Sortir des barrages ! Allusion à tous ceux qui militent dans les associations appelant à sortir du nucléaire. Pour JMJ c'est pourtant cette énergie là qu'il convient de développer si l'on veut vraiment réduire drastiquement les émissions de CO2 et empêcher le réchauffement climatique. Selon l'auteur si l'on veut remplacer le charbon par le nucléaire il faudra investir 5000 à 6000 milliards de dollars mais c'est 20 à 40 fois plus si l'on opte pour le solaire et l'éolien ! En France si le nucléaire représente 75% de notre électricité, il ne compte que pour 20% de l'énergie qui alimente l'ensemble de nos machines.

La cause profonde de la crise financière dont nous subissons encore les conséquences est elle aussi liée à l'énergie : le premier choc pétrolier a poussé à la croissance du crédit pour faire repartir l'économie et la montagne de dettes que cela a créé a été directement attaquée par le nouveau ralentissement économique causé par le plafonnement de l'offre pétrolière en 2006. On sait ce qui a suivi...

Soutien indéfectible du nucléaire, JMJ démolit systématiquement toute autre source d'énergie tout en militant pour la frugalité énergétique que tous les scénarios préconisent. Il y a pourtant des techniques prometteuses et, comme le disait Denis Clerc dans Alternatives Economiques en 2012 " Jean-Marc Jancovici, [qui] défend bec et ongles l'option nucléaire parce qu'elle permettrait de réduire l'effet de serre et [qui] affirme qu'il n'existe pas d'alternative renouvelable capable de le remplacer. Le remplacer, non, mais en réduire le poids ?".

On pourrait tout de même développer le solar sharing (panneaux solaires plus élevage ou maraîchage) - certes cela représente moins de surface que les cultures - , le photovoltaïque flottant (sur l'eau) - même limite : sur quelle surface peut-on tabler ? - ou les ombrières de parking photovoltaïques - quelle production ? - et bien sûr l'usage domestique sur les toits des maisons qui s'y prêtent et de certains bâtiments y compris à usage industriel lorsque cela s'avère utile....un peu d'éolien aussi tant qu'on y est là où souffle le vent...

D'autant que JMC dit lui-même qu'étant donné la mauvaise image du nucléaire et les coûts de départ élevés, le développement rapide de cette énergie à travers le monde, reste aléatoire.

On aimerait savoir ce que pense JMJ du scénario de l'Ademe qui prévoit 100% de renouvelables en 2050 (avec un fort pourcentage d'éolien), un rapport à priori sérieux. Et si la France avait avec le nucléaire le même problème que l’Allemagne avec le lignite, une grande difficulté à s'en débarrasser ? Bien sûr l'énergie nucléaire est moins polluante et émet moins de CO2 mais malgré ce qu'en dit JMC le nucléaire tient de moins en moins sur le plan économique alors que les coûts de production des énergies renouvelables ne cessent de baisser.

Comme CO2 = PIB, préserver le climat revient ni plus ni moins à discuter de la meilleure manière de faire décroître le PIB en douceur... Une approche libérale n'est plus pertinente avec les contraintes physiques actuelles.

Si nous continuons à baser nos débats concernant l'énergie sur des malentendus, cela ne nous empêchera pas d'assurer un "avenir durable" à l'espèce humaine. Mais il n'est pas certain qu'il correspondra à l'idée que s'en font nos concitoyens.

Tag(s) : #Journal de lecture

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