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L'Apocalypse joyeuse, une histoire du risque technologique - Jean-Baptiste Fressoz

" Je ne fais la guerre ni à la science ni au progrès, mais je suis l'ennemi implacable d'une science ignorante, impresciente, d'un progrès qui marche à l'aveugle sans critérium ni boussole."

C'est ainsi, en 1855, que s'exprime Eugène Huzar, auteur de La Fin du monde par la science.

On le voit, nous ne sommes pas les premiers à "distinguer dans les lumières éblouissantes de la science l'ombre de ses dangers". Les hommes qui ont accompli et vécu la révolution industrielle, au XIXè siècle, étaient bien conscients des risques immenses qu'ils produisaient mais ils décidèrent, sciemment, de passer outre.

Le fait historique majeur que des communautés humaines soient parvenues à préserver des ressources naturelles (halieutique, forestière, pastorale) durant des siècles témoigne en revanche de l'intelligence écologique des sociétés passées.

Au XVIIIè siècle, l'inoculation (la "variolisation"), ancêtre de la vaccination fondée sur le risque, n'avait pas pu être imposée à des "individus autonomes dans les rapports à leur corps".

Tout au long du XIXè siècle les avancées technologiques ont conduit l'Etat, main dans la main avec la science et l'industrie, a imposer aux citoyens l'installation de fabriques, d'usines ou de gazomètres potentiellement dangereux malgré l'opposition manifeste des riverains.

L'auteur montre que les élites dirigeantes réussissent toujours à imposer leur point de vue.

Nous vivons dans des sociétés qui offrent un degré de confort et de protection inédits dans l'histoire de l'humanité mais à quel prix ?

Tag(s) : #Journal de lecture

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