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Anna-Eva Bergman Adrien Missika Pedro Motta Fred deux Matthias Reinmuth Jerome Leuba

Il m'est arrivé une chose surprenante. J'avais flashé sur des reproductions d'oeuvres d'Anna-Eva Bergman sur Internet après avoir lu un article dans le Monde et je suis donc allé voir l'expo à la galerie Jérôme Poggi située juste en face de Beaubourg. Et là, cruelle déception, je n'ai pas aimé du tout les toiles. Je ne m'attendais pas à ce que l'une d'elle ne fasse que 12x12 cm et même les toiles d'un format plus habituel m'ont laissé froid. Dans un classeur on pouvait parcourir une large sélection d’œuvres et l'émotion ressentie à la vision sur écran était là, intacte, à nouveau.

Que s'est-il passé ? Notre regard est sans nul doute perverti par la multiplication des reproductions disponibles sur Internet ou sur support papier. A cause d'elles on finit par préférer la copie à l'original. J'ai aimé les images des tableaux mais pas les tableaux eux-même. Inutile donc, selon moi, d'aller voir l'expo mais je vous engage à regarder sur internet les tableaux d'Anna-Eva Bergman, née en 1909, morte en 1987. Minimalistes ils n'en sont pas moins évocateurs. J'y vois autant de paysages (voir diaporama).

C'est désormais officiel : on savait que les drones, en plus de leur utilisation militaire, étaient aussi utilisés par les pompiers, EDF, ou le tour de France, ils sont aussi maintenant au service de l'Art. Adrien Missika, exposé au centre culturel suisse, en plein cœur du Marais, montre peu de photos, à part une série en n&b sur des cactus hors-sol, mais en revanche on peut voir 2 films projetés sur écran géant (à l'échelle d'une galerie). Le premier, Amexica, explore la frontière américano-mexicaine qui fait parler d'elle en ce moment à cause d'un afflux de migrants d'Amérique centrale, dont certains sont mineurs, et qui embarrasse bien Obama.

Certains plans sont à couper le souffle, comme celui montrant un ondulement de collines tachetées qui évoque si fort un drapé, mais à la longue les images souvent instables du drone finissent presque par donner mal au cœur.

Probablement pour pimenter le "récit" on assiste en direct à un crash du drone. Parfois aussi il se pose et offre alors une image fixe de toute beauté. Le film comporte plusieurs chapitres titrés à partir de la latitude et de la longitude du lieu. AM a parcouru 1500 kms en voiture des 2 cotés de la frontière. Il y a évidemment une dimension politique à ce travail contemplatif, comme l'explique l'artiste dans Le phare, le journal du centre.

Ainsi son drone se comporte en "coyote", surnom donné aux passeurs de migrants mexicains.

A l'extérieur une grande affiche montre, vu par le drone, un paysage désertique habité et une route se perdant à l'infini avec un véhicule en bas à droite qui s’apprête à sortir de l'image. Cela s'intitule Santa Teresa (Amexica).

Dans le journal une double page expose une autre vue aérienne assez époustouflante (Tijuana-Amexica) de l'océan déchaîné avec une jetée qui forme une oblique parfaite dans l'image et la ville au fond. Plus encore qu'avec l'image précédente l'objectif utilisé (un grand-angle ?) provoque une sensation de chute. Le second film montre en plan fixe un homme de dos en train d'essayer de couper un cactus géant à la machette.

La seconde exposition consacrée au bestiaire érotique datant des années 70 de Hans Schärer m'a laissé froid.

Au fond de l'impasse pavée où se trouve l'entrée du centre culturel on peut voir collée sur un mur une affiche d'un artiste également présent dans l'expo de plein air In Situ Art Festival (article précédent-voir diaporama).

Non loin de là, rue du Perche, galerie Alain Margeron, on peut voir des dessins de Fred Deux, artiste de 90 ans. Je n'avais pas du tout remarqué le sublime dessin aux encres intitulé Vide (1949) - qu'on peut voir dans le diaporama - et qui ne ressemble en rien à ses dessins en général beaucoup plus organiques mais fait plutôt penser à Twombly ou à Michaux.

Influencé entre autres par Hans Bellmer, il propose des visions morpho-érotico-symboliques qui ne laissent pas indifférents.

Dans une galerie proche des toiles de Matthias Reinmuth m'ont agréablement rappelées, bien que la proximité ne saute pas aux yeux, les affiches décollées-déchirées de Raymond Hains ou de Villeglé.

Non loin de là Pedro Motta est un drôle de photographe qui s'intéressent aux blessures, parfois infligées par l'homme, qui affligent les plus beaux paysages. La photo ne lui suffit pas toujours et il n'hésite alors pas à ajouter des racines, normalement invisibles, à un arbre qui occupe le haut de l'image.

De son côté, au sein de sa série Battlefields, Jérôme Leuba parvient presque à faire passer le champs de bataille de Verdun pour un green de golf.

Anna-Eva Bergman Adrien Missika Pedro Motta Fred deux Matthias Reinmuth Jerome Leuba
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Anna-Eva Bergman Adrien Missika Pedro Motta Fred deux Matthias Reinmuth Jerome Leuba
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Tag(s) : #Expos

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