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La main à l'appât - dorothy uhnak

Tout comme Ann Rule (http://soulchronic.over-blog.com/article-un-tueur-si-proche-ann-rule-56732090.html), Dorothy Uhnak a été policière, à New York, entre 1953 et 1968, puis s'est ensuite convertie à l'écriture de romans...policiers. La main à l'appât obtient d'emblée l'Edgar Poe Award du meilleur roman policier en 1968. Il n'est pas étonnant dès lors qu'elle choisisse pour héroïne un officier de police féminin : Christie Opara. L'autre grande figure du roman est un "colosse au front bombé, à la nuque aplatie, sans un poil sur la tête, ni sur les mains, ni sur les bras". On peut penser au Lennie de Steinbeck (Des souris et des hommes, 1937) mais aussi à un personnage d'Ed Mc bain dans le roman Entre deux chaises (1965) : Roger Broome.

Plus encore que dans le roman d'Ed Mc Bain on sent les années 70 prêtes à advenir...

C'est dans le métro que Christie Opara, déguisée en étudiante pour les besoins d'une enquête sur un trafic de morceaux de sucres au LSD au City College dans lequel est impliqué le fils d'un notable, fait la connaissance de Murray Rogoff. Le "monstre" commence à se livrer à des manœuvres exhibitionnistes et Christie n'a pas d'autre choix que de l'arrêter...

Trois jeunes femmes sont violées et étranglées. Deux d'entre elles, la troisième on ne sait pas, ont reçus des appels téléphoniques anonymes mais banals "Allô, comment ça va ?". On leur a également coupé une mèche de cheveux.

Christie Opara aussi a reçu des appels anonymes...mais c'est la brigade criminelle qui est sur le coup et pas l'assistant du District Attorney, Casey Reardon, pour lequel elle travaille, seule femme dans sa brigade sur un effectif de seize.

A vingt six ans, elle est déjà veuve et mère de deux jeunes enfants. Cinq après qu'il ait été tué, elle réalise qu'elle ne parvient plus à se souvenir du visage de l'homme, policier lui aussi, qui a été son mari...

Dorothy Uhnuk nous apprend des choses sur la sociologie new-yorkaise, les procédures policières et, sans avoir l'air d'y toucher défend des conceptions féministes et antiracistes ("Ce nègre est un policier ? Un agent du FBI Madame...."). Opara n'hésite pas à mentir pour faire progresser une enquête. C'est une "pure" qui accepte mal que certains criminels échappent à l'inculpation.

"Il sentit le râle monter dans la gorge de Carol et l'étouffa avec tendresse afin qu'elle puisse le prolonger, connaître le plaisir dans toute sa plénitude, tout comme il savourait ce plaisir complet, profond, si longtemps attendu et finalement arrivé...Oh Carol, tu es si pure et si merveilleuse !...Il sortit un couteau de sa poche, laissa glisser la lame et tourna gentiment la tête de Carol afin de ne pas la réveiller...".

L'histoire se termine sur un début d'idylle attendue mais délicatement rendue et après tout un zeste de tendresse dans ce monde de brutes...

Tag(s) : #Polars

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